Sur la route de Bergen

Premier arrêt à Lom pour admirer notre première Stavkirkje, église en bois debout qui date de 1150. Le « stav » c’est le poteau, la base de la construction. Ici 20 poteaux constituent la structure de l’église.

La façade est régulièrement badigeonnée de goudron pour protéger le bois.

Les dragons au sommet du toit sont censés faire fuir les mauvais génies.

Faudrait penser à passer chez le coiffeur

Ensuite, nous partons à l’assaut de la Sognefjellet qui nous fait grimper jusqu’à 1434m et redescendre sur Skjolden.

Nous longeons le Lustrafjord par une toute petite route qui nous mène à la Stavkyrkje de Ornes. Je me glisse au milieu d’un groupe de visite guidée pour découvrir l’intérieur minuscule mais superbe. C’est la plus vieille église en bois debout du pays, datant du XIème siècle. Elle est inscrite au Patrimoine de l’Unesco.

Un mini ferry nous ramène à Solvorn

A Sogndal, nous faisons un aller-retour au glacier Bøyabreen où nous passerons la nuit sous un petit crachin bien frais.

L’église en bois debout de Borgund est une des mieux conservées. L’étude des anneaux de croissance du bois a pu déterminer que les arbres ont été abattus en 1180.

Nous ne comptons plus les tunnels tellement nous en avons traversés et de toutes les longueurs. Mais celui qui arrive fait 24,5km et on trouve qu’ils poussent le bouchon un peu trop loin. On aime tenter des expériences un peu originales mais là, non. Le plan B, c’est la route panoramique de l’Aurlandsfjellet qui s’achève dans le brouillard avant de s’ouvrir sur un magnifique fjord.

En continuant vers Bergen, les tunnels se multiplient dont le plus long fera 11km. Pour éviter que les automobilistes ne s’endorment d’ennui, à mi-chemin on a droit à un jeu de lumières façon boîte de nuit.

Encore quelques joli lacs, le soleil revenu et nous arriverons à Bergen, la ville où il pleut tous les jours.

Trollstigen & Geiranger

Trollstigen signifie l’échelle des Trolls. En l’occurence une route à 11 épingles à cheveux avec 10% de pente qui remonte la montagne jusqu’à 850m.

En cours de route, on passe sur un petit pont datant de 1835 qui enjambe une cascade furieuse de 180m.

Au sommet le panorama est une vraie merveille.

Le visitor’s center, endommagé cet hiver par une avalanche, est malheureusement fermé mais on a accès à une passerelle qui nous plonge dans cette vallée magnifique.

Notre timing était parfait puisque la route n’a été rouverte qu’il y a 2 jours.

La route monte encore jusqu’à un haut plateau époustouflant de blancheur. Les congères le long de la route font bien 2m de haut.

Et puis la route redescend et en une fraction d’altitude, tout redevient vert.

Nous espérions manger des fraises à Valldal – nous sommes tellement en manque de fruits et légumes frais. Il y a bien les grands champs de fraises , les fleurs ont éclos mais point de fraise à l’horizon.

Geirangerfjord

Un petit ferry de Linge à Eidsdal et nous voilà sur la route de Geiranger. Comme nous avions tout monté par l’échelle des Trolls, y a plus qu’à redescendre, de 1000m au niveau de la mer en 10 km.

Vue plongeante sur ce fjord qui est classé au Patrimoine de l’Unesco car il présente toutes les caractéristiques typiques d’un paysage de fjords et de son évolution géologique.

On peut y trouver des montagnes alpines, des chutes d’eau grandioses et des champs cultivés.

La ville, hyper touristique, est encaissée au fond du fjord et n’est malheureusement quasiment qu’un parking à camping-cars.

On en sort vite et la vue est sublime d’ici aussi.

Trollywood

Un petit bug est survenu dans l’ordre des articles. Deux anciennes publications sont remontées dans le temps « Kystriksveien » et « Trondheim ». N’en tenez pas compte et allez lire « Sur la route d’Åndalsnes »

Kystriksveien

Nous sommes sortis du ferry un peu hagards, surpris de nous retrouver dans une grosse ville avec ses périfs et ses usines. On a l’impression d’être tout à fait ailleurs et la lumière un peu glauque à 1h du matin n’arrange rien. Nous faisons 20km pour retrouver la nature et nous installer pour terminer notre nuit.

Le lendemain, nous empruntons la Kystriksveien, la fameuse route 17 qui parcourt la côte ouest.

A Saltstraumen, nous assistons à un phénomène de maelström. A marée haute, près de 400 millions de m3 d’eau de mer ont pénétré dans le détroit peu profond à une vitesse de 40km/h. Il y a 3m de différence entre marée haute et basse. Des petits et grands tourbillons se forment et l’eau se transforme en une sorte de mélasse langoureuse (oui certaines mélasses peuvent être langoureuses).

Ici les fjords sont moins étriqués mais les montagnes tout aussi majestueuses, de véritables barres rocheuses d’où coule en cascades l’eau des glaciers qui fondent.

Le glacier Svartisen est le 2ème plus grand de Norvège. Nous empruntons une petite route pour aller le voir de plus près. Mais il faut d’abord s’engouffrer dans un tunnel de 2km, à la seule lumière des phares, que l’on grimpe en première.

Suivra un 2ème tunnel, plus facile mais pas plus éclairé.

La dernière partie de la route est bloquée par 2m de neige.

Et puis il faut tout refaire en sens inverse.

Le glacier vu de notre bivouac.

A l’occasion d’une de nos « croisières » sur les fjords, nous repassons sous le Cercle Polaire.

Sur la rive, le globe symbolisant le Cercle Polaire

Trondheim

Nous arrivons à la fin de la route 17, le paysage est plus vallonné, nous retrouvons des lacs, des torrents et commençons à voir de grandes fermes au bout de longs champs cultivés. Nous essayons de prendre les petites routes quand il y en a pour éviter de tracer sur la E6.

Église médiévale en pierres

Maintenant il faut vraiment changer les pneus, les neufs à l’avant et les pneus avant à l’arrière.

Le petit fortin de Steinvikholm

A 20km de Trondheim, nous prenons place dans un camping au bord de la mer.

Nous prenons 2 bus pour atteindre le centre ville.

Un vrai coup de coeur.

Les vieux entrepôts transformés en quartiers branchés, le vieux quartier et ses petites maisons colorées, l’ambiance et le soleil.

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La cathédrale gothique de Nidaros
Le vieux pont de 1860

Pour inciter les habitants à utiliser leur vélo, la ville a mis en place ce remonte-pente très ingénieux. Malheureusement ils n’est en action qu’en été et nous n’avons pas pu le voir fonctionner. Il doit y avoir de solides gamelles.

Olav tryggvason, grand chef Viking
La terrasse du restaurant a investi une vieille écluse

Sur la route de Åndalsnes

Nous pensions que nous allions faire une étape de transition d’environ 200km, plus ou moins d’une traite jusqu’à Åndelsnes. Mais en réalité, dès que nous avons (enfin) quitté la E6 pour prendre la 70 c’est une variété incroyable de montagnes qui s’offre à nous, des forêts riches en bivouacs ou des lacs en cours de dégel.

La route grimpe, nous passons la 2ème et on arrive enfin au sommet, à 500m d’altitude …. ?!

Nous suivons les circonvolutions du fjord Langfjorden

Nous faisons quelques courses à Åndalsnes et puis nous allons admirer le Trollveggen, la plus haute paroi verticale d’Europe culminant à 1100m. On passera la nuit à ses pieds, le long du fleuve Rauma, au son des craquements des plaques de neige qui dégringolent par intermittences.

A l’ouverture de la fenêtre de la chambre ce matin.

Leka

Nous prenons le ferry de Gutvik à Skei, sur l’île de Leka.

La passe pour sortir du minuscule port de Gutvik est bien étroite mais avec ses nombreux propulseurs le ferry manœuvre easy.

Sortie de Gulvik
Entrée à Skei

Au premier abord, cette île qu’on parcourt en 30km n’a rien de très particulier mais dès que l’on contourne la pointe sud, le paysage change radicalement. Des formations rocheuses ocres surgissent des montagnes grises. Ces roches, originellement très profondes, ont été repoussées à la surface par la pression des plaques américaine et eurasienne, il y a 400 millions d’années. Une réaction chimique s’est alors produite au contact de l’air qui leur a donné cette couleur qui peut virer au rouge selon le positionnement du soleil.

C’est ici aussi qu’on a découvert une tombe viking de 70m de diamètre et de plus de 8m de haut. On y a retrouvé des squelettes d’humains et d’animaux, plusieurs sortes d’armes, des clous utilisés dans la construction de bateaux ce qui signifierait que la tombe contenait également un grand bateau.

Cette petite île, peu visitée par les touristes et très paisible, nous resterons donc dormir ici et nous reprendrons le ferry demain matin.

Helgeland

Faute de ferry pour cause de Pentecôte, nous devons quitter la route 17 et emprunter la 76.

Nos sommes dans la région du Helgeland, terre de contrastes, on va vite s’en apercevoir.

L’élégant Helgelandsbrau

A la recherche d’un bivouac, sur une piste boueuse, nous croisons un troupeau de rennes. J’adore leur danse chaloupée quand ils s’enfuient.

Nous trouvons notre petit coin, avec son petit coin, dans la forêt comme on aime.

Nouvelle surprise. Interdit aux plus de 2T, on hésite quand même un peu. Mais on y va, … vite.

Voilà les contrastes annoncés

Le petit port de Nevernes, qui jadis échangeait du bois contre du poisson. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un musée qui s’efforce de transmettre les traditions.

La belle église de Hommelstø.

Encore un pont très original. Sur les plus grands, un affichage indique la vitesse du vent. 12m/s, on le passe, volant fermement tenu, pour affronter les rafales de vent.

Après Brønnøysund, nous allons jusqu’à Torghatten. Un magnifique rocher de granit, troué, nous y attend. L’ascension n’est pas très longue mais le chemin est rocailleux et il faut escalader.

On jette vite un oeil dans le trou mais on ne s’attarde pas car on voit bien les cailloux fraîchement tombés et il est bien indiqué que nous empruntons le chemin à nos risques et périls.

Le tunnel mesure 160 m de long sur 20 m de large et 35 m de hauteur.

La vue d’en haut est magnifique

A partir d’ici nous allons pouvoir reprendre la route 17.

Les îles Lofoten

Nous avons quitté les îles Vesterålen sous la pluie et nous arrivons sur les îles Lofoten.

Notre premier réveil

L’archipel des Lofoten s’étend sur 1200 km2 et compte une multitude d’îles reliées entre elles par des ponts, des tunnels parfois sous-marins ou de simples digues.

Vers la fin avril, le séchage à l’air libre des morues, appelées Tørrfisk ou Stockfish, couvre environ 400.000m2. Ce poisson séché contient 80% de protéines et son poids est réduit de 80% après séchage. Il se conserve jusqu’à 2 ans et il suffit de le faire tremper 10 jours avant de pouvoir le cuisiner. Cette pêche traditionnelle se pratiquait déjà il y a plus de 1000 ans.

Ah l’odeur de la morue séchante…
Les têtes, elles, finiront en farine.

A Henningsvær, il y avait juste assez de surface plane pour un terrain de foot.

Là ->

A Bøstad, un site viking a été reconstitué sur le lieu même des découvertes archéologiques des années 80. Les vestiges datent de 500 et 950 après JC.

Le trône de Ragnar ou un de ses descendants

Sur le lac, 2 reproductions de navires vikings. L’original datant de 900 après JC est conservé au musée d’Oslo.

Téléportation aux Antilles. Mais où sont passés les palmiers ?

Flakstad

Hamnøya

Tiens, des maisons jaunes…Sakrisøya

Reine et ses maisons sur pilotis

Nous nous engageons dans une randonnée un peu particulière. Il s’agit de grimper au sommet d’une montagne via un escalier sans fin, vertigineux. Nous avons battu notre record de montée de marches qui était de 680 au Puy de la Vache dans le Massif Central. Ici nous en avons compté 1280.

Dernier village de l’archipel, Å, qui se prononce O. Comment faire plus simple ?

C’est un village musée mais joli.

Les mouettes nichent partout où elles peuvent et font un chahut assourdissant, d’où l’expression “vos …. les mouettes”.

Le lac
Le bout de l’archipel

Voilà, nous quittons cette magnifique région par le ferry qui nous ramène sur le continent, à Bodø. Il est 20h30 quand on embarque et 00h45 quand on débarque avec 1h de retard. Y a plus qu’à trouver un bivouac mais comme il fait jour, ça ne devrait pas être trop difficile. Bien pratique ce soleil de minuit.

Voilà un mois que nous voyageons. 6650km au compteur et 5 ferries. 1 jour de pluie.

Les îles Vesterålen

Avant de quitter Senja, nous passons voir le petit port de Hamn.

Hamn

De Gryllefjord, nous pouvons prendre un ferry qui nous épargne beaucoup de route pour arriver à Andenes.

Changement de décor. On garde les montagnes mais on met du vert, du vert et des marais, beaucoup de marais. Les arbres commencent à dégainer leurs feuilles, des prairies à l’herbe grasse pour les moutons, les plages sont de sable blanc.

On a la chance de trouver un super coin pour dormir, en haut d’une butte, au milieu des bouleaux, face à la montagne. Personne.

Le lendemain, il fallait bien que ça arrive, il pleut. Première journée de pluie depuis notre départ.

Nous quittons l’île de Andøya pour essayer Langøya. La côte ouest est sauvage, surtout la dernière partie, une piste qui s’arrête à Nyksund et son petit port abandonné que des téméraires essaient de maintenir en vie.

Des séchoirs à poissons

A Stokmarkenes, nous prenons le ferry pour la première des îles Lofoten, Austvågøy.

Les prochains jours risquent d’être riches en découvertes.