Bilan Islande

Voilà encore une boucle bouclée.

Ce pays est beau partout, du début à la fin, rien ne vient gâcher le paysage.

Même après avoir vu la Scandinavie, nous n’avons jamais été blasés. Il y a ici un côté sauvage, désolé, bout du monde qu’on adore.

Il nous est interdit de faire de camping sauvage et c’est sans doute mieux comme ça. La nature a l’air tellement fragile, les rares plantes luttent pour leur survie et de toutes façons il n’y avait pas le moindre bosquet derrière lequel se cacher. Les pauvres bouleaux nains n’avaient même pas encore leurs feuilles. Malheureusement les campings, à quelques exceptions près, sont loin d’être glamours, se limitant souvent à de simples parking d’herbe spongieuse avec les sanitaires dans des containers. Aucune importance puisqu’on savait qu’on allait découvrir des merveilles le lendemain.

Côté météo, peut faire mieux. Du vent glacial, une petite pluie constante et soudain des journées ciel bleu. Le soleil nous chauffait d’un côté tandis que le vent nous refroidissait de l’autre.

Seul point très négatif, le volcan s’est vraiment mal organisé en entrant en éruption, de l’autre coté de l’île, le jour où nous embarquions sur la bateau pour rentrer. Nous n’avons pas ressenti la moindre secousse

Nous sommes maintenant sur le chemin du retour et j’ai établi un petit bilan :

• Trajet total : 8240km

• Trajet Islande : 3936 km

• 2 vidanges

• 1 crevaison

• 2 pneus arrière usés

• 1 pompe à essence

• 1 ensablement

• 2 démarrages à la manivelle

• 258180 pas, soit 188km de marche

• 1500 photos

• 3 rencontres deuchistes

Un bon nettoyage et Ptiket est prêt à repartir.

Le Canyon Stuðlagil

Cette merveille n’a été découverte qu’en 2016.

En effet, suite à l’installation de retenues en amont de la rivière Jökla, l’eau du canyon a considérablement baissé, révélant de magnifiques orgues basaltiques.

Un très agréable sentier de 2,5km mène à cette pépite..

Vu d’en haut, où nous avons pu dormir et nous réveiller devant ce panorama.

Le Lac Mývatn

Nous avons récupéré la route circulaire #1 qui mène au lac Myvatn.

Il nous faut bien 2 jours pour tout voir.

Le Cratère Viti

300m de diamètre, il apparaît suite à la grande éruption de 1724.

Son beau lac aux eaux vertes est en partie recouvert par la glace et la neige.

Comme sur la péninsule de Reykjanes, l’odeur de soufre est omniprésente.

C’est d’ailleurs une constante en Islande. L’eau chaude sent très souvent l’hydrogène sulfuré. C’est un peu particulier quand on se lave ou sous la douche mais heureusement on ne sent pas l’oeuf pourri pour le reste de nos jours.

Le grand champ géothermal de Hverir

L’activité volcanique est très forte ici car la chambre magmatique ne se trouve qu’à quelques kilomètres sous le site. On peut y voir des solfatares, marmites de boue et autres fumerolles.

Les couleurs des flancs de la montagne Námafjáll varient de l’ocre au jaune du soufre. Ça change du noir volcan.

Dimmuborgir – les châteaux sombres

L’éruption datant de 2300 ans a créé un lac de lave qui s’est solidifié et les remontées de vapeur ont provoqué ces formations en colonnes.

Un sentier permet de circuler sur plusieurs km dans ce décor chaotique.

La péninsule de Höfði

Suivre le chemin parmi les bouleaux nains aurait pu être bucolique si nous n’avions pas été envahis par des nuées de moucherons si pas agressifs, au moins vrombissants. Car oui, Mý signifie “mouche” et Vatn “lac”…Mais ça, personne ne le dit !

Nous pouvons néanmoins admirer les blocs de lave figée qui surgissent des eaux vertes du lac.

Skútustaðagigar

A l’Ouest du lac apparaissent une multitude de petits cratères. Ces « pseudo-cratères » se forment lorsque la lave recouvre les terres humides. L’eau prise sous la lave se met alors à bouillir. Sous la pression, la vapeur fait exploser la croute de lave qui finit pas se déchirer et les empilements successifs de matière forment ces pseudo-cratères.

Croyez-le ou pas, pendant ces 2 jours nous avons eu chaud ! Jusqu’à 14 degrés !! Le soleil était opérationnel 24h/24.

Parenthèse

J’ai hésité à publier cette (més)aventure et puis je me suis dit que ce voyage était un peu trop plan-plan et qu’il lui fallait un peu d’action.

Alors que nous approchions du lac Myvatn, Quentin veut faire une photo du champ de lave. Il faut savoir que les routes islandaises offrent peu de possibilités de s’arrêter.

On repère une entrée de piste et Quentin s’engage dans la descente qui fait une 10zaine de mètres. On comprend très vite que c’est très mou. Ni une ni deux, on fait demi-tour sur le plat en bas de la descente et on attaque la remontée dans la foulée. Et on s’enlise dans le sable. Plusieurs tentatives de redémarrage ne font que nous enliser un peu plus. Mais on est équipés ! On sort les plaques de désensablement. Plusieurs tentatives et c’est la pelle qu’il faut descendre du toit. On creuse toujours. Reste à dégonfler les pneus. Bientôt le centre de la terre …

Mais on a aussi les cordes pour se faire tracter. Y a plus qu’à trouver le « tracteur ». Au bord de la route, Quentin fait des signes aux quelques voitures qui passent, en ciblant plus particulièrement les 4×4. Mais le touriste n’est pas prêteur. Enfin un Duster de location s’arrête très aimablement mais il n’y a pas de crochet de remorquage sur cet engin. L’homme du Duster voyage avec sa soeur avec qui j’entame la conversation. Ils sont Canadiens et lui a travaillé au-delà du cercle arctique. Il en connaît donc un rayon en desembourbage. Il empoigne la pelle, dégage les roues avant, met les plaques à l’arrière des roues avant et dit à Quentin qu’il va conduire. J’aurais dû faire une photo de la tête de mon Quentin. Bref, le gars se met au volant (péniblement car il est grand), cherche le bouton de démarrage (ce sont des clés, Monsieur), se fait expliquer les vitesses et ferme la portière. Il fait une longue marche arrière jusqu’à une zone qu’il avait repérée plus dure, alors que pour nous tout était gris et sablonneux, et lance la deuche dans la montée.

C’est fini, merci, bonne route et bon voyage.

On est restés comme deux imbéciles, n’en croyant pas nos yeux. On a regonflé les pneus et on a repris notre route. Merci à celui dont on n’a même pas eu le temps de demander le prénom.

La Péninsule Melrakkaslétta

Dernier tour de péninsule. Tout aussi remarquable, très sauvage et isolée, battue par des vents violents qui nous ont bien secoués la nuit.

La route 870 en fait le tour, passant par le point le plus au nord auquel nous pouvions accéder et franchissant le cercle polaire arctique dans un sens, puis dans l’autre.

La dernière éruption volcanique dans cette région date de 1976.

Il n’y a que quelques petits villages pas bien vivants et nous avons dû croiser 3 voitures maximum.

Raufarhöfn, la ville islandaise la plus au Nord de l’île, sort un peu du lot, plus accueillante.

Sur les hauteurs un projet artistique est en cours de réalisation, basé sur une saga islandaise mais j’avoue que j’ai pas trop compris l’histoire des 68 nains. Plus simplement, ces arches sont conçues pour interagir avec la lumière naturelle unique de ce village au bord de l’Arctique.

Arrivés à Vopnafjördur, nous retournerons un peu dans les terres pour découvrir les 2 derniers grands sites de notre voyage.

Ásbyrgi et Dettifoss

Ásbyrgi est un cirque en fer à cheval qui s’est formé il y 8000 ans suite à une éruption sous-glaciaire du Vatnajökull. La version poétique explique que c’est le cheval d’Odin, le fameux Sleipnir à 8 pattes, qui y a laissé sa trace.

Quand on se balade parmi les bouleaux nains, on est vraiment cernés par cette haute muraille toute droite.

Le petit lac qui s’est formé au creux du site est encore gelé dans la partie à l’ombre alors que le côté ensoleillé fait ressortir la couleur verte de l’eau.

Nous faisons ensuite un aller-retour vers Dettifoss, la 2ème plus puissante chute d’eau d’Europe – 44m de haut et 100m de large.

Le sentier d’1km pour y accéder est plutôt rock’n roll. La neige qui recouvrait cette zone volcanique est en train de fondre. On a le choix entre la boue noire ou la slush bien glissante. Mais ici pas de branches auxquelles se rattraper !

Au bout de l’effort, la récompense.

En remontant le fleuve Jökulsá á Fjöllum, on arrive à la plus petite Selfoss.

Le sentier pour la troisième chute, Hafragilsfoss, n’était pas praticable.

De Akureyri à Husavik

Avec sa pompe toute neuve, Ptiket grimpe les montagnes comme jamais.

Nous quittons Akureyri et ses sommets enneigés pour passer de l’autre coté du fjord.

De l’herbe verte !!

Il y a bien un tunnel qui passe sous la montagne mais on préfère suivre la route de crête.

On arrive à Goðafoss. Le site est incroyable. La rivière Skjálfandafljót chute dans un bruit assourdissant, en provenance du glacier Vatnajökull. D’après la légende, un chef viking y aurait balancé toutes ses statues de dieux païens après avoir décidé que les Islandais seraient désormais chrétiens (vers l’an 1000)

Nous arrivons à Husavik, juste à temps pour déguster un bon Fish&Chips sur le port, en terrasse, au soleil.

Pour ce soir, ce sera camping à 66°12′ , au bord de la falaise avec vue sur l’océan.

Les Fjords du Nord

Alerte météo au vents violents sur quasiment toute l’île.

C’est comme en Ardèche, ça dégage le ciel et nous profitons de quelques rayons de soleil.

La péninsule de Vatnsnes est moins spectaculaire mais elle nous offre ce rocher de 15m de haut, Hvitserkur, dernier vestige d’une falaise volcanique.

A Ósar, une colonie de phoques nous nargue de loin, petits points blanc sur plage de sable noir.

Encore pas mal de pistes, bien gadoueuses et voilà ce qui arrive.

Le pneu est percé par un gros caillou, on est au bord de la route #1, on se dépêche de mettre la roue de secours. Les voitures nous frôlent à toute allure, personne ne s’arrêtera… autre pays, autres coutumes. Au camping du soir de Blönduós, Quentin met une chambre à air dans le pneu, le gonfle au compresseur et c’est bon.

La péninsule suivante offre des paysages encore différents et tout aussi fabuleux.

Le plaisir est un peu gâché par des soucis d’arrivée d’essence au carburateur. Ptiket hoquette dans les montées ou quand on lui en demande trop face au vent.

Ici la solidarité deuchiste va jouer à fond. On contacte Hlynur de Reykjavik en lui disant qu’on aurait sans doute besoin d’une pompe à essence. Il contacte alors Hjalti qui vit à Akureyri où nous nous rendons. Hjalti a une superbe 2cv Charleston. Nous arrivons chez lui vers 17h et Fjölnir nous rejoint avec des pompes d’occasion. Quentin bricole 3h pour tout revérifier et conclure finalement qu’il nous faudrait une pompe électrique – c’est le même problème que nous avions eu en Argentine, essence trop riche en alcool – Fjölnir repart et revient avec une pompe électrique toute neuve. Encore 30’ pour l’installer. On remercie chaleureusement nos sauveurs et on croise les doigts pour que ça fasse le job. Le trajet jusqu’au camping a en tout cas été normal. On pourra mieux juger sur la route demain.

Quelques exemples d’architecture islandaise pour changer des paysages.

Les Fjords de l’Ouest

On quitte le bitume pour la piste noire, en alternance avec du bitume et de la piste.

Par ici, plus d’attractions touristiques, juste la nature sauvage et rude.

Nous avons passé 3 jours dans les méandres des fjords.

A chaque contournement de montagne on se demande ce qui nous attend.

Ici c’est une côte à 15%, suivie d’une descente vertigineuse.

Là c’est une piste en travaux, farcie de nids de poules, et quand la pluie se mêle à la terre, ça glisse un peu.

Il ne faut pas rater le moment où le nuage qui vient de s’alléger s’en va et où un faible rayon de soleil illumine soudain la lande ou le fjord tout entier.

C’est dans une tempête de neige (fondante) qu’on atteint les chutes de Dynjandi. Le temps de pique-niquer à l’abri dans la deuche, le soleil revient et éclaire ces cascades.

Le vent omniprésent est toujours polaire.

Pour arriver à Isafjördur, il faut emprunter 2 tunnels de 6km dont un à une seule voie. Nous sommes dans le sens prioritaire mais quand on voit 2 gros phares de camion s’approcher dangereusement on se pousse vite fait dans un renfoncement prévu à cet effet. Ce tunnel a aussi la particularité d’avoir un carrefour avec embranchement vers le Nord. Un peu comme à Trondheim mais en Norvège ils avaient carrément le rond-point dans le tunnel.

Les rares campings sont encore fermés. On peut néanmoins s’installer mais avec uniquement une toilette à disposition et des robinets d’eau glaciale.

On passe de fjord en fjord sans jamais se lasser du spectacle.

Quand soudain, au milieu de nulle part….

Encore un passage enneigé sur un plateau et puis la descente vers la vallée

La péninsule de Snæfellsness

Toute la journée nous avons eu l’impression de vivre un reportage en panavision. Tout est grandiose.

Un peu avant d’y arriver nous tombons sur ce grand mur d’orgues basaltiques

Au loin, le volcan Snæfellsjökull et son chapeau blanc. Tous les alentours ne sont que roches noires bien qu’il soit endormi depuis au moins 1700 ans. Pour l’anecdote, Jules Verne a situé le début de son aventure au centre de la terre sur cette péninsule.

La jolie église de Búðir

A Arnarstapi, les oiseaux marins ont le choix pour se loger. Parfois on frise la surpopulation de Pétrels Fulmar.

La côte sauvage est joliment découpée

Kirkjufell

On quitte cette péninsule en beauté