Cabo Dos Bahias

Toujours à la recherche de manchots, nous quittons la Ruta 3 pour dormir à Camarones, tout petit port de pêche. Dès les premiers 20 km, le paysage a déjà plus de relief.

 

 

De Camarones, nous pouvons rejoindre par 30 km de piste,  Cabo Dos Bahias. Nos manchots ne sont toujours pas arrivés, le gardien ne nous fait rien payer et nous avons tout le parc pour nous tout seuls.

La côte est joliment découpée. Des dizaines de guanacos nous regardent fièrement, les peludos courent dans tous les sens, les nandous de Darwin s’enfuient en secouant leurs ailes et les lions de mer grognent sur les rochers parce que le soleil ne chauffe pas beaucoup aujourd’hui.

              

Nous passons la nuit suivante sur le parking de la station YPF, quelque part sur la Ruta 3, au milieu de rien. Pas un arbre pour nous protéger du vent. Même le réseau internet déprime …

La route vers Comodoro Rivadavia sera épique, vent de côté (Ouest). Même les camions que l’on croise ont les pneus arrières de leur remorque dans les gravillons du bas-côté et leur chargement penche sous la pression du vent. Leurs chauffeurs sont hilares en nous voyant et nous font des grands 👋 (?!). 180km en 4h.

  

Trelew – Gaiman

A Trelew, nous croisons Juan Cruz et ses 2 fils, un méhariste qui voulait absolument nous rencontrer. C’est sous la réplique du plus grand dinosaure du monde (!) que nous lui faisons faire la visite habituelle. Il a pris la peine de se renseigner et nous confirme que le camping de Gaiman est bien ouvert.

 

 

 

Après quelques courses à Trelew, nous arrivons à Gaiman. Cette petite ville essaie de conserver ses racines galloises mais à part quelques salons où le thé est hors de prix, la maison où Lady Di est venue dire bonjour, la vieille gare et une poignée de maisons en pierres ou en briques rouges, nous sommes quand même bien en Argentine.

    

Le camping Bomberos, comme son nom l’indique, est juste à côté de la caserne des pompiers. Il est bien ouvert mais le chef des pompiers me précise que les baños sont cassés et qu’ils n’ont pas réparé. Mais si on veut on peut rester et il ne nous fera rien payer. Les poubelles débordent mais il y a un robinet d’eau, des bbq et des tables en béton. On se pose, les pompiers viennent prendre des photos et vers 20h ils allument leur barbecue, amène la viande, la voiture avec la musique. A peine 2h plus tard, on les voit filer en intervention. Ils reviendront vers 2h du matin finir leur soirée….

Puerto Madryn

Quelques jours à Puerto Madryn, le temps de 

  • changer les roulements de l’autre roue de la remorque
  • se régaler d’un bon steack au restaurant Malon
  • faire un aller/retour à Punta Loma pour voir une colonie de lions de mer où les jeunes otaries crient comme des chèvres sous le regard indifférent des cormorans de Magellan accrochés à leur falaise.
  • visiter le joli petit musée Ecocentro dans l’ancien phare, tout concernant les baleines et autres animaux marins. Tout en haut du phare a été aménagé un salon avec de grandes baies vitrées et de confortables canapés qui font face à la mer pour admirer les baleines
  • flâner dans les rues et sur la costanera
  • Laverie, recharge de gaz, douches

L’endroit où se trouve actuellement Puerto Madryn était à l’origine habité par les Tehuelches. Vers 1860, 28 gallois ont débarqué à la pointe nord et ont apparemment cohabité en bonne entente avec les autochtones. De ces 28 gallois est née toute une communauté qui s’est étendue sur plusieurs km et dont on trouve aujourd’hui les descendants dans des villes comme Rawson, Trelew, Gaiman où nous allons demain.

 

              

Péninsule Valdés – Playa Villarino

Nous avons constaté depuis quelques jours que le pneu arrière droit commence à fortement s’user côté extérieur (la faute au vent…). Quentin décide donc ce matin de retirer la roue et d’inverser le pneu sur la jante. Il s’installe sur le parking de la station service de Puerto Piramides pour pouvoir utiliser leur compresseur et ne pas devoir mettre une chambre à air. Il profite que la voiture est soulevée pour graisser les pivots de direction des 2 côtés. Tant qu’à avoir les mains sales, il retire aussi la came de la pompe de reprise du carbu, celle-ci, n’étant plus sollicitée, on devrait consommer un peu moins. Actuellement nous avons une moyenne de 6,6l/100 mais avec des pointes à 7,4l.  

Il est 10h30 quand nous prenons la route vers la sortie de la Péninsule.

Mais pas question de quitter cet endroit sans aller passer 1 ou 2 nuits à la playa Villarino.

Une piste nous mène jusqu’à une plage au bord du golfe San José.

 

 

 

 

Très exposée au vent qui souffle denouveau fort, nous trouvons un petit creux qui nous protège un peu. 

  

La plage est jonchée de coquillages encore entiers, comme s’ils venaient d’être vidés. Une vraie hécatombe. 

A certains endroits, du rocher rongé par le vent et l’eau affleure et apparaissent, fossilisés, des coquillages de toutes sortes dont des grands bénitiers durs comme de la pierre. 

Nous sommes seuls. La mer monte et avant de dormir, nous allons vérifier que notre « petit creux » ne risque pas de se remplir dans la nuit. Ça devrait être bon. 

Le lendemain, nous nous réveillons quand l’horizon se colore de rouge. Nous partons à pieds vers l’est où nos amis suisses nous ont indiqué avoir vu des manchots à 4km.  La balade est superbe, en bord de falaise, les plages se succèdent, toutes désertes. Pas de trace d’un quelconque animal, si ce n’est des goélands ou des cormorans et quelques vaches surprises de nous voir.

      

Nous refaisons le chemin en sens inverse et 2 baleines apparaissent près de la plage. La mer est agitée, elles ne s’attardent pas.

Des argentins qui ont l’habitude de venir dans le coin nous confirment qu’il ne pleuvra pas d’ici quelques jours. Le vent s’est calmé, on décide donc de rester une nuit de plus. Les étoiles sont très brillantes et la lune nous sert de réverbère. 

Difficile de partir de ce paradis alors que des baleines viennent faire les belles pendant qu’on prend notre petit déjeuner. En 5 jours on en a bien fait le tour, on n’a plus grand chose à manger, plus beaucoup d’eau et …une douche s’impose…

 

Péninsule Valdes – Caleta Valdes

En effet aujourd’hui le vent s’est bien calmé. Nous sommes toujours dans notre camping qui n’offre que de l’eau glacée à des éviers extérieurs. Quentin m’en tiédit deux gourdes, ce qui me permet d’enfin me laver les cheveux. Ahh, je revis….oui je suis une fille qui se contente de peu 😇.

Nous devons faire le plein d’essence mais la seule station a des problèmes de pression. Il faut attendre qu’elle revienne. C’est l’occasion de discuter avec les autres clients qui nous posent des questions sur notre voyage, dont un couple suisse qui tourne sur la péninsule depuis 2 semaines. Ils ont de quoi nous informer !

Il est déjà 11h quand on repart, cette fois vers le nord par la piste 52 jusqu’à la Caleta Valdes, pour ensuite prendre la 47 qui rejoint la Punta Norte et revenir à Puerto Piramides par la 3. 

Nous voyons beaucoup de guanacos, dont quelques jeunes trop mignons.

Arrivés sur la côte, nous faisons plusieurs haltes pour admirer le paysage sculpté par la mer et découvrir la faune marine. Nous sommes encore un peu tôt dans la saison et les spécimens de lions et d’éléphants de mer sont peu nombreux. Pas de manchots ici. On se rabat sur les guanacos, les petits « peludos » (des mini tatous), les « choiques » (petite autruche) et les oiseaux, huitriers au bec rouge, tinamous élégants, aigrettes, faucons pèlerins, et autre vautours.

                          

Du coup pas déçus. Le paysage reste incroyable et surprenant et nous savons que nous aurons bientôt d’autres occasions d’approcher toutes ces espèces.

La journée a été magnifique et le vent très clément.

Péninsule Valdes – vers Punta Delgada

Comme prévu le vent nous a secoués toute la nuit. Heureusement nous étions stationnés dans le bon sens mais le sommeil était plutôt agité, un peu comme quand il y a mistral à la maison, mais en plus mobile.

Comme le soleil est toujours là, nous partons par la RP2 vers Punta Delgada. Nous sommes dans les terres et le paysage change tous les 20km. A mi-chemin on oblique vers une petite piste. On croise les doigts de ne rencontrer personne car il n’y a pas la place. Et bien sûr voilà qu’arrive un 4×4 qui nous laisse passer en montant sur le talus. Au bout de la piste, la Salina Chica, 42m sous le niveau de la mer. Sous les rayons du soleil, elle rosit grâce à la présence de millions de brachiopodes.  Chaque sortie de la voiture est une expédition, il faut tenir fermement la porte pour qu’elle ne s’arrache pas et ensuite essayer de marcher droit, sans visibilité à cause des capuches baissées jusqu’au ras des yeux.

        

Après Punta Delgada, un accès au sommet de la falaise permet de voir toute la côte Est et en contrebas une belle colonie de lions de mer.

      

Le retour vers Puerto Piramides se fait sous de gros nuages noirs. Un petit groupe de guanacos traverse tranquillement la piste. Arrivés au village, nous nous réchauffons avec un café, face à la plage et à la mer devenue verte de colère. Il parait que demain ça ira mieux.

Péninsule Valdes – Puerto Piramides

A l’entrée de la Péninsule, un centre d’information fournit toutes les indications pour trouver les animaux sur le site qui fait quand même 3625 km2. Le squelette d’une baleine échouée en 1985 y est exposé. Sur la route, nous croisons nos 2 premiers guanacos.

  

Nous déjeunons à Puerto Piramides, le seul village de la Péninsule dont les deux seules rues sont entièrement dédiées aux touristes qui partent en mer observer les baleines.

 

Nous nous rendons à 5km de là, à la Loberia de la Punta Piramide. La piste pour y arriver est roulable mais elle descend soudainement, quasiment à 45 degrés. Il y a bien un panneau déconseillant l’accès aux caravanes et véhicules lourds. Nous ne sommes donc pas concernés et on continue. La descente se fait en première, debout sur les freins. Etait-ce une bonne idée finalement ?

  

En attendant, nous sommes en bas et nous continuons jusqu’à la loberia. Ici, se prélassent des dizaines de lions de mer avec leurs petits. Au large, quelques baleines essaient de leur voler la vedette. Les falaises ocres sont constituées de milliards de coquillages fossilisés.

      

Bon, maintenant, il faut bien remonter. On attaque en première dès le bas de la pente, et on fonce. Mais c’est sans compter avec les gravillons qui roulent sous les pneus et nous font patiner. On louvoie de gauche à droite pour tenter d’accrocher la route, le compte-tours est dans la zone rouge et sous le regard abasourdi de touristes, on atteint le sommet.

Nous passerons la nuit au seul camping du site, dont toutes les installations sont fermées en cette saison. Nous sommes donc seuls et tranquilles. 

Péninsule Valdes – Playa Doradillo

Arrivés à Puerto Madryn, nous nous ravitaillons chez Carrefour (!!) pour pouvoir être autonomes quelques jours. Nous apercevons déjà au loin 2 ou 3 baleines. Ce sont des baleines franches australes. Elles viennent ici chaque année à partir du mois de juin pour se reproduire ou mettre bas. En décembre, elles repartiront vers les zones de l’Antarctique.

A la sortie de Puerto Madryn, nous prenons la RP42, une piste qui longe le golfe Nuevo et qui offre plusieurs accès à la plage.

Nous prenons le nr 2 de la Playa Doradillo. Une seule voiture est stationnée à cet endroit et repartira une heure plus tard.

 

Nous positionnons la deuche pour que les portes arrières s’ouvrent sur la mer.

  

Avant même de les voir, nous percevons les sons sourds qu’elles émettent, le fracas de leur queue qui frappe la surface de l’eau, le souffle puissant qui jaillit de leurs évents. Nous nous avançons sur la longue plage. La marée est au plus bas. Les baleines sont à moins de 100m du bord. Elles doivent avoir le ventre qui gratte le fond 😜.

On sort les sièges et on regarde… Il fait doux et le vent se calme.

    

La nuit tombe, la mer se confond avec le ciel, les baleines continuent leurs ébats. 

On se couche et on s’endort en les écoutant rompre le silence de la nuit.

Le lendemain matin, droit devant, le lever du soleil et les baleines ont repris leurs activités. Après le petit déjeuner, nous faisons une longue promenade sur la plage déserte, avant de repartir vers notre prochaine étape sur la Péninsule.

    

Las Grutas

Notre réseau de « Citroneros » fonctionne tellement bien que Rossana, du Club Mehari de Las Grutas nous attendait de pied ferme. L’accueil fut très chaleureux et incroyablement généreux. Rossana n’envisageant pas que l’on puisse faire du camping en plein hiver, met à notre disposition la maison qu’elle loue d’habitude en été. Un luxe inattendu dans notre voyage. C’est ainsi qu’on a vécu 3 jours, comme à la maison, dans cette tranquille ville de bord de mer. 

Ici les baleines ne font que passer et nous n’aurons pas encore la chance d’en voir. 

A marée basse, l’accès à la plage nous permet de découvrir les fameuses « grottes » et de profiter des cris des perroquets qui nichent ici aussi dans la falaise.

        

Nous faisons aussi connaissance de Manuel et de sa future épouse. Ils tiennent un petit hôtel sympa et, oh joie, Manuel parle anglais. Il nous sera d’un grand secours lors de la soirée qui rassemblera quelques membres du club qui souhaitaient nous rencontrer. Nous leur avons présenté un petit diaporama de notre voyage et ils ont eu droit à la visite guidée de la deuche.

    

Ils n’ont pas manqué de nous donner de bons conseils sur la route qui nous attend et de nous souhaiter un bon voyage.

La Patagonie

Après 2 contrôles sanitaires pour s’assurer que nous n’avons pas de fruits et légumes, nous voilà en Patagonie.

Faute de coin sympa pour passer la nuit à Viedma, nous décidons d’abandonner la ruta 3 et de rejoindre la côte à El Condor.

 

Mais avant d’aller plus loin, Quentin détecte du jeu dans la roue de la remorque et à Viedma il change les roulements.

Nous tombons sur un magasin qui vend du SKF et nous pouvons en racheter pour en avoir toujours en réserve.

 

 

El Condor est une petite ville balnéaire, désertée en hiver mais dont les falaises accueillent la plus grande colonie de perroquets au monde. Comme c’est marée basse, nous pouvons avancer jusqu’au pied de la falaise et apprécier leur plumage ainsi que leur ramage assourdissant. Il y aurait près de 35.000 nids. 

    

Pour changer de la ligne droite et éviter les camions, nous continuons sur « el camino de la costa », qui comme son nom l’indique, longe la côte. La jolie route goudronnée se transforme rapidement en ripio, cailloux et sable.  Elle serpente entre les hautes dunes, longe la plage, coupe à travers la pampa. On admire les dunes, qui sont de plus en plus grandes, des passages sablonneux deviennent plus fréquents, là, on est carrément dans les dunes….. et on ne passe plus.

Un pêcheur nous confirme que la piste est bloquée et qu’il faut faire demi-tour, c’est-à-dire revenir à Viedma ! Pas le choix, mais on peut varier le plaisir en prenant une autre piste tout aussi caillouteuse mais qui ne fait que 100km au lieu des 130km que l’on vient de faire. Heureusement depuis quelques temps, nous avons un bidon de 20l d’essence dans la remorque et il nous sera bien utile.

        

De retour à Viedma, on fait le plein et on repart par la ruta 3 cette fois- ci.

Très longue journée mais une belle surprise nous attendait à Las Grutas… à suivre…