Pasto et la Laguna Cocha

La route entre Ipiales et Pasto est très montagneuse, très fréquentée par camions et bus et à ça s’ajoutent des travaux énormes pour l’élargir, ce qui ralentit considérablement le trafic. 

Il est déjà 16h quand on arrive à Pasto dont la visite sera rapide car il y a peu de beaux bâtiments mais c’est une ville très animée et si le reste du pays est à son image, notre régime alimentaire va virer au sucré.

Nous partons vers l’est pour rejoindre la laguna de Cocha. La route est plus longue que prévu et le soleil se couche quand nous attaquons la dernière partie en terre.

Nous nous posons sur le parking au Waira refugio, avec vue sur le lac. Le refuge est magnifique avec son jardin fleuri et son petit ponton qui s’enfonce dans les roseaux. Mais de l’auto, c’est pas mal aussi.

Le lendemain, Manuel nous emmène dans sa petite barque et nous fait faire le tour de l’île Corota, le plus petit parc national de Colombie. Elle est entourée de roseaux tortora (comme ceux du lac Titicaca) qui la protègent de l’érosion. Nous verrons des foulques andines, des cormorans, des aigrettes et des canards à bec bleu.  Trop sympa Manuel !

Equateur – Colombie

Les derniers km en Equateur se font dans le brouillard et on n’en a pas fini avec les montées et descentes. 

Le 31 janvier à midi, nous sommes à la frontière. C’est le bazar, des voitures, camions, bus, taxis partout. Des vendeurs d’assurance et de monnaie colombienne. 

On se gare sur le pont entre les 2 douanes et on retourne à pied côté Equateur. Il y a une longue file de migrants, une soixantaine de personnes à l’extérieur, femmes, enfants, nourrissons. C’est la même file pour ceux qui sortent que pour ceux qui entrent. 99% entrent bien sûr . Tous doivent passer aux postes de vaccinations gratuites. Quand on peut accéder au bâtiment de l’immigration, il y a encore une quarantaine de personnes avant nous mais avec 10 guichets ouverts, ça avance. Au bout d’une heure, on ressort, passeport tamponné. Ensuite c’est la douane pour faire la sortie du véhicule et là il n’y a personne. 

On reprend la voiture et on avance jusqu’au poste colombien. A l’immigration, seulement 60 personnes attendent devant nous mais 1 seul guichet. Au bout d’une heure on peut faire les photocopies des papiers et on va à la douane pour importer la voiture. La dame vérifie le nr de chassis, l’occasion pour les autres douaniers de jeter un oeil dans le moteur de cette voiture qui n’a pas de freins. On a dû leur expliquer qu’ils sont sur la boite de vitesse et pas sur les roues.

A Ipiales, la première ville de Colombie, nous achetons l’assurance dans un supermarché où il y a aussi un distributeur de billets et je peux retirer 600.000 pesos (170€). La puce de téléphone, je l’achète dans une épicerie et nous voilà parés pour sillonner le dernier pays d’Amérique du Sud.

Notre premier bivouac sera au pied du téléphérique qui descend jusqu’au sanctuaire de Las Lajas.

Le lendemain nous faisons le trajet de 20´ en téléphérique avec un arrêt de 15´ dans le vide « pour simple vérification, ne vous inquiétez pas… ». La vierge nous a préservé d’une éventuelle chute et nous arrivons au sanctuaire. Les flancs de la gorge tout autour sont couverts de plaques que les fidèles ont scellées pour la remercier ou pour témoigner de leur foi. On aime ou on aime pas, nous on a bien aimé la cascade et la rivière au fond de la gorge…

Un peu de tout

Toujours limités dans nos déplacements, nous faisons des petits sauts de puce. Je vous livre ici en vrac nos découvertes de ces derniers jours.

La laguna Cuicocha et ses deux ilets

Un déjeuner à Cotacachi.. avant… après 

Le volcan Imbabura

La chouette équipe de soudeurs de Ascazubi qui nous ont ressoudé le pot d’échappement, gratuitement !

C’est pas comme ce mécano péruvien qui nous a détruit une chambre à air et abîmé un pneu tout neuf (voir le FB de Quentin pour les détails et les noms d’oiseaux).

On a trouvé des ampoules led pour phares avants et arrières à Cumbaya. Nous en avions installé différents modèles mais il y en a un qui ne tient pas la distance.

On commence à prendre des contacts pour le shipping de la voiture entre Carthagène (Colombie) et Colon (Panama) pour traverser le Darien Gap. Nous aurons sans doute un container de 40’ à partager avec un autre véhicule et une moto pour réduire les frais. Sans doute pour fin février.

La laguna Mojanda et le Fuya Fuya

15km de route caladée pour monter à la laguna Mojanda, à 3750m.

Nous trouvons un emplacement un peu protégé du vent, à 2m du bord de l’eau.

En ce début d’après-midi, les nuages commencent à cacher les sommets et nous n’irons que jusqu’au petit lac Chiriacu. La piste est boueuse et apparemment même les gros 4×4 s’y sont enlisés.

Nous ne verrons personne de la journée si ce n’est un beau gros renard le soir alors que le brouillard recouvre tout le paysage.

Le lendemain matin, 6 degrés mais plein soleil. A 8h30 on est sur le petit sentier qui grimpe tout droit vers le sommet du volcan Fuya Fuya. On a une vue totalement dégagée sur le lac et les montagnes alentours. Nous n’irons pas jusqu’au sommet, 4100m sera suffisant pour se poser et admirer.

Quand nous redescendons, nous croisons les premiers touristes qui montent. Tout ce petit monde repart en début d’après-midi et nous décidons de profiter une journée de plus de ce petit paradis.


Le Parc Condor

Ce dimanche, nous nous rendons au Parc Condor, par un petit chemin qui longe les cultures de maïs. 

Une fondation néerlandaise (Doen) a créé ce centre de réhabilitation de rapaces et autres oiseaux de proie pour sauver ceux qui sont tombés du nid, malades ou blessés et les remettre en liberté quand c’est possible. Dans les grandes cages, quelques beaux spécimens mais nous sommes surtout venus pour la démonstration de vol libre.

L’arrière plan de la zone de spectacle est magnifique et le soigneur plein d’humour. Malheureusement les condors ne font pas partie du numéro pour des raisons de sécurité.

En redescendant on s’arrête au pied d’un arbre millénaire, El Lechero, qui marque l’emplacement sacré d’un cimetière dédié aux enfants morts sans avoir pu recevoir un nom. Les habitants viennent aussi y déposer des offrandes pour faire venir la pluie.

Otavalo

Nous quittons la moiteur de Mindo pour les lagunes et les volcans plus au Nord, à Otavalo. Nous nous installons dans un petit camping sur les hauteurs de la ville, suffisamment près pour y descendre à pieds et suffisamment loin pour ne pas trop entendre les bruits d’en bas.

Samedi, c’est le jour du grand marché qui envahit toutes les rues. Il est énorme et je dois me retenir pour ne pas acheter des tissus, sacs, châles ou pulls tous plus beaux les uns que les autres. Le supplice de Tantale ! Par contre pour les fruits et légumes, on y va gaiement !!

Des petits escargots avec un peu de citron vert
Des choclos (maïs) de toutes sortes

Au abords de la place Simon Bolivar, un attroupement nous attire vers l’église. Chouette, un mariage. Si la mariée n’est pas particulièrement « originale », son nouveau mari, la famille et les convives sont eux joliment habillés en costumes traditionnels. Un petit groupe de musique accueille les jeunes mariés à la sortie de l’église et tout le monde se met danser à petits pas autour des musiciens en une ronde qui part dans un sens puis dans l’autre.

A midi, nous nous attablons à une des nombreuses cantinas sur le marché pour manger une soupe épicée et une cuisse de poulet… Equateur, pays du café, oui, mais tout à l’export. Quand on trouve du bon café, c’est dans des petites boutiques spécialisées et donc le kilo est à 15€ minimum…Que pena !

Le ramboutan ou achotillo, voisin du litchi

Mindo

Nous profitons du soleil matinal pour aller nous balader sur les hauteurs. La ville est tranquille et offre beaucoup de possibilités de goûter à du très bon chocolat et de boire de vrais cafés.

Nous visitons une ferme aux papillons qui abrite aussi de nombreux colibris. On en recense 200 espèces en Equateur.

En milieu d’après-midi, les nuages envahissent le ciel et laissent tomber une pluie fine. Il est temps d’aller prendre une douche … on colle…

Ici les nuits sont sonores, peuplées de cris d’animaux invisibles.

La Mitad del Mundo

Nous avons donc une dizaine de jours à attendre notre carbu. Quentin pense que, grâce à son grand nettoyage, nous pouvons tenter de partir visiter les environs.  Nous optons pour aller voir la forêt des nuages vers Mindo, à l’ouest de Quito. La batterie est restée 4 jours en charge, elle démarre au quart de tour. 

Dès le départ ça grimpe pas mal et on roule calmement. 

Bonne idée de faire un contrôle d’identité sur l’autoroute, en pleine montée !…

Mais dès la première descente, ça sent fort l’essence ce qui signifie que le carbu déborde denouveau. 

A mi-chemin, nous faisons une halte à La Mitad del Mundo (la moitié du monde), un village reconstitué autour du monument commémorant les travaux de l’expédition française qui a défini en 1736 où se trouvait la latitude 0. On fait comme si c’était effectivement l’endroit précis mais en réalité les GPS placent la ligne 240m plus loin.

Dans la tour, il y a quelques expériences amusantes autour de la gravité et de l’effet coriolis. On apprend aussi que, comme la force centrifuge est plus forte à l’équateur, on y pèserait un peu moins. L’occasion de se peser et de constater qu’en 6 mois nous avons perdu à nous deux 11 kilos !


Nous repartons pour plonger dans la forêt luxuriante, chaude et humide. 

Il y a 1h, nous sommes passés dans l’hémisphère nord, nous revoilà dans la partie sud. 

Nous trouvons un joli endroit tout en bambous et bananiers à Mindo.

Ca carbure plus …

En rejoignant les environs de Quito, on s’arrête dans une boutique pour acheter de l’huile moteur pour une nouvelle vidange. La charmante Maria nous fournit un bidon de 4l mais au moment de repartir, la batterie ne veut plus rien savoir. Maria, avec l’aide de son employé vénézuélien, sort son chargeur et branche PtiKet. Pendant que ça charge, on discute des délires des hommes d’état du continent et on se dit que le nôtre n’est pas si mauvais. 30’ plus tard, on peut repartir, muchas gracias, hasta luego ! 

Nous arrivons chez Arie où on va sans doute passer plusieurs jours. Nous sommes vendredi, Ivan, qui aurait un carbu à nous fournir, revient de vacances dimanche. 

En attendant, Quentin procède à l’entretien complet de PtiKet, jusqu’aux excentriques de freins arrières.

Dimanche soir tard, Ivan est bien rentré. Quentin a passé la journée à nettoyer notre carbu, à ébarber l’aluminium des venturis, à vérifier tous les passages d’air et à adapter au mieux cette vis de ralenti de cox qu’on avait trouvé au Pérou. 

Lundi matin Ivan nous confirme qu’il vient au camping avec le carbu. En attendant, on compte nos piqûres de moustiques sur les jambes. Quentin a gagné, il en a 25.

Fin d’après-midi on a le fameux carbu en main. La première impression n’est pas terrible mais on tente quand même de l’installer. Pas mieux que le nôtre. Ivan va en chercher un deuxième chez un copain, même résultat. Entretemps la nuit est tombée, on a sorti les frontales, il commence à pleuvoir, on remballe tout et on va manger un poulet/frites/riz ensemble. 

Mardi matin, Arie notre hôte, nous apprend qu’un pilote de ligne part des Pays-Bas dans quelques jours pour venir faire un trek ici. On lui demande si il serait d’accord de nous amener un carbu. Il répond ok sans hésiter. Notre ange gardien à Lyon qui avait déjà récupéré un bon carbu le lui envoie en express et si tout se passe bien nous le récupérons le 28 janvier. A suivre …

Pour ceux qui aiment les détails techniques, allez voir le FB de Quentin « Pti-Ket Toride »…

Quito, en attendant le carbu…

Nous avons écourté notre visite au volcan Cotopaxi, le carbu, la batterie et même le démarreur nous empêchent de profiter pleinement de nos visites.

C’est décidé, on arrête les frais et on trace direct jusqu’à Quito. Ivan qui est censé nous fournir un carburateur est en vacances et nous devons attendre qu’il revienne. Nous sommes chez Arie, hollandais qui loue des gites et accueille les overlanders dans son joli jardin fleuri fréquenté par de nombreux colibris.

Samedi, nous avons pris un premier bus, bondé, jusqu’au terminal au nord de Quito. 1h de route très rock’n roll, même en se tenant fermement aux barres, les genoux ont tendance à partir dans le mauvais sens. Encore 30’ dans un autre bus qui nous conduit au centre historique. Dès la descente, nous sommes impressionnés par l’effervescence de la ville, les boutiquiers et les nombreux vendeurs à la sauvette haranguent les passants. Nous parcourons les rues sans plan précis. 

La bibliothèque est magnifique avec ses patios, ses araucarias centenaires et l’accès au toit offre une belle vue sur la place de l’Independence.

La journée est trop courte, on n’a pas pu tout voir, on doit se réapprovisionner, reprendre nos 2 bus. Le hasard fait que nous retombons sur le même bus que ce matin. Le gars qui fait payer les passagers nous reconnaît. On lui demande comment s’est passée sa journée, un peu fatigué (tu parles !) mais ça va.

Si tout se passe bien, on reviendra, la deuche opérationnelle et l’esprit plus serein.