Parc National El Cajas

Nous quittons Cuenca par l’ouest et grimpons jusqu’à la Laguna Toreador. De là, partent plusieurs randonnées à travers ce parc parsemé de multiples lacs. Il est 11h, on avale quelques calories et on part pour une boucle de 4h.

Le sentier suit la courbe des collines, nous progressons sur le tapis moelleux du « Paramo » (tourbière verte andine).

A cette altitude, 3850m, les seuls arbres qui poussent sont les Quinuas, Polylepsis ou Paper trees, déjà rencontrés à la Laguna 69 au Pérou.

C’était pourtant simple, il suffisait de suivre les marques rouges sur les pierres… on a dû en rater une car on perd le sentier. C’est par là, oui mais il y a un lac de l’autre côté de la colline et j’ai pas forcément envie de le traverser à la nage (il fait 12 degrés).

Après plusieurs allers/retours, on retombe sur une trace qui pourrait être le sentier. A bout d’énergie, on revient au poste des gardes et on s’affale à l’arrière de la deuche.

L’accès au Parc est gratuit mais pour y passer la nuit nous devons payer 4 dollars par personne (ça fera 10 dollars car ils n’avaient pas de monnaie ;-)). Pour ce prix, nous avons accès au refuge équipé de lits et matelas, de quoi cuisiner et un wc/douche. Mais nous resterons dans nos 3,5m3 car il y a moins de courants d’air et surtout, il y a le chauffage !…

Cuenca

Une grande ville coloniale, tranquille, propre, au climat doux (20º) et une église à chaque coin de rue.

C’est ici, et non au Panama, que sont fabriqués depuis 1 siècle ces élégants chapeaux avec les fibres d’un palmier très spécifique. La confusion vient du fait que les ouvriers attachés à la construction du canal de Panama l’avaient largement adopté car il est léger et résistant. Sa fabrication demande beaucoup de temps et de savoir-faire. Plus le tressage est serré, plus il est imperméable et plus il coûte cher (jusqu’à 500$).

On n’a pas encore compris comment ils arrivent à conserver ces amas de crème glacée sans système de réfrigération, par 20º.

Pour le Nouvel An, la tradition veut que l’on brûle des mannequins de papier à l’effigie de l’être le plus détesté. Chacun expose sa « poupée » devant chez lui avec une pancarte  expliquant les griefs qu’on lui reproche. Ça va de l’ex petit ami au politicien véreux et tout ce petit monde part en fumée à minuit.

Nous, on finit l’année comme il se doit. 

En prime, une petite vidéo ici


Meilleurs voeux de Cuenca !!

Une fois n’est pas coutume, on vous fait un méli mélo de nos bobines et autres selfies ratés depuis le début de notre voyage.

Petit bilan 

7 mois que nous sommes en route

5 mois et demi et 27000 km sur le sol sud-américain

6 pays visités

14 passages de frontière

Consommation moyenne ; 7,1l aux 100km

Vitesse moyenne : 47,14 km/h

Durée de vie des pneus avants : 22000km

Durée de vie des pneus arrières : 9000km

Crevaisons : 2 sur la voiture et une sur la remorque

6 vidanges

2 pompes à essence mécaniques

3 pompes à essence électriques

2 x 2 roulements de remorque pour la roue droite et 1 x 2 roulements pour la roue gauche

La remorque se déchire à plusieurs endroits. On l’a rivetée pour qu’elle dure encore un peu.

3 ampoules LED des feux stops arrières

1 cric

1 soufflet de cardan

1 amortisseur

Et ce n’est pas fini….. normalement, un carbu nous attend chez Ivan à Quito…

Bonne année à tous, que vos souhaits se réalisent et merci de nous suivre !

Pérou – Equateur

Nous quittons sans regret le nord du Pérou et ses kilomètres de détritus. La protection de l’environnement n’est pas le point fort de l’Amérique du Sud mais ici c’est catastrophique. On peut imaginer que l’état n’assure pas le ramassage mais de là à éparpiller les déchets sur des dizaines de km, il y a vraiment un problème !

Le 29 décembre, nous arrivons donc à la frontière, au poste de Macara. Côté péruvien, nous attendons 30´ le douanier qui est parti faire une course à Loja. 

Au bout d’une heure, nous traversons le pont pour arriver à la douane équatorienne. Ici aussi il faudra une heure mais le douanier est sympa et il a un peu de mal avec l’encodage d’un véhicule européen.

Dans la petite ville de Macara, nous pouvons retirer de l’argent au distributeur. En Equateur, ce sont des dollars américains, au même cours. Nos premières impressions sont plutôt agréables, les rues sont propres, les gens très aimables et la circulation raisonnable.

Ca fait 20 ans que l’Equateur reçoit régulièrement des récompenses de ses efforts pour la protection de l’environnement et aujourd’hui le contraste avec le Pérou ou la Bolivie est flagrant.

Autre remarque, l’Equateur est un pays TRÈS montagneux. La première reprend du service, l’aiguille du compteur de vitesse ne décolle pas, nous roulons à moins de 20km/h. Et puis c’est la descente, vertigineuse, en première aussi pour ne pas cramer les freins.

A Loja, nous n’y passerons qu’une nuit. 

San Antonio

Saraguro, très jolie ville coloniale. Les femmes portent l’habit traditionnel de leur communauté, tout de noir vêtues mais avec des colliers de perles très colorés. Les hommes ont aussi les cheveux longs tressés, le feutre noir et le pantalon 3/4 noir. Ce peuple vivait à l’origine sur les bords du lac Titicaca mais au XVème siècle, les Incas les ont forcés à se déplacer jusqu’ici.

Nous continuons nos montagnes russo-équatoriennes aux collines vert tendre, où des vaches paissent tranquillement.

Four à briques
Dernier bivouac avant Cuenca

Notre but était d’atteindre Cuenca pour le réveillon du Nouvel An, et nous y sommes.

El Cañon del Pato

Depuis Caraz, la route traverse ce canyon impressionnant qui plonge à certains endroits à plus de 1000m. La montagne n’est que cailloux et rochers pas très stables. La route est très étroite et nous devons traverser une trentaine de tunnels dont certains très sombres, en espérant que personne n’arrive en face. On devra quand même faire 2 marches arrières mais que de quelques mètres.

Après Chuquicara, la route devient très difficile et nous préférons rejoindre la côte vers Chimbote. L’occasion de voir pas mal de champs cultivés, beaucoup de vergers, de cannes à sucre mais aussi du coton et des rizières !

On zappe Chimbote et on passe la nuit au bord de l’océan, à Huanchaco.

Le lendemain nous visitons le musée du Roi Sipan à Lambayeque. Incroyable découverte récente (1987) d’une pyramide en adobe contenant plusieurs sépultures et des momies entourées d’objets précieux et d’offrandes. Les ornements royaux faits d’or et de bronze ou de perles de coquillages sont magnifiques. Explications intéressantes sur le mode de vie de la civilisation Moche (on prononce Mo-t-ché !!). 

Photos interdites, les téléphones restent à la consigne 😕.


Noël à Caraz, Pérou

Nous sommes dans un camping en dehors de la ville, tranquille, propre et avec de l’herbe. 

Nous avons passé le réveillon avec un couple d’allemands très sympas et de bon conseils.

Un apéro (guacamole et tacos de maïs noir) au vin blanc local et un grosse salade de légumes nous changent un peu de l’ordinaire.

En dessert, des fraises ramassées dans le champ d’à côté, un bel ananas et des maracujas.

Nous finissons la soirée avec un « glühwein » préparé par nos compagnons de la Forêt Noire.

On s’est couchés à minuit alors que d’habitude c’est 21h. Bref, la fête !

Joyeux Noël à tous ! Un abrazo fuerte para todos !

La Laguna 69

Comme c’est fête, vous avez droit à une double dose de photos.

Nous entrons dans le Parc National de Huascaran, dans le Cordillère Blanche, par une très mauvaise piste. Pauvre Ptiket, on ne lui aura rien épargné. 

Nous arrivons aux 2 premiers lacs, verts émeraude, à 3850m. 

Marrant ces arbres qui prennent des coups de soleil, deviennent rouges et pèlent comme des touristes d’Europe du Nord en vacances à Ibiza.

Un peu plus loin, cette grande plaine sera notre chambre pour cette nuit. Il pleut quand nous nous endormons. 

Le lendemain, réveil à 5h et quelle chance, le soleil pointe à l’horizon.

A 7h, nous attaquons la randonnée vers la Laguna 69 (ils n’ont pas pu donner un nom aux 400 lacs du Parc). Le soleil commence à raser les montagnes. Il ne fait que 5 degrés. 

Il y a 9km à parcourir jusqu’au lac. Pas la mer à boire, mais plutôt la montagne à avaler.

Les 3 premiers km sont tranquilles. Nous sommes dans la vallée. Au 5ème km ça commence à grimper dur. Le ciel est dégagé et on voit bien les montagne enneigées qui culminent à plus de 6000m. 

D’après la carte, on peut situer à peu près où doit se trouver le lac et on avance confiants, on a la forme.

Arrivés là où on pensait trouver le lac, il s’avère qu’on n’a pas encore atteint notre but. Nous sommes dans autre plaine, à 4400m. Déçus, mais c’est plat, donc on reprend de l’assurance.

On arrive à un petit panneau qui nous signale qu’il n’y a plus qu’1km. Chouette ! Mais t’as vu où est le chemin ? 

Cette dernière montée nous forcera à dépasser nos limites. Nous faisons 100 pas et reprenons notre souffle. Nous faisons 50 pas, nous faisons 20 pas… 

4604m, la voilà cette fichue Laguna 69. Ça valait la peine, non ? 

Il est 10h30, pause pique-nique. Nous sommes les premiers arrivés de la journée.

Quand on est prêts à repartir, d’autres randonneurs commencent à arriver. Un car a dû lâcher ses touristes car on croise beaucoup de monde à la descente qui nous demandent si c’est encore loin et si ça vaut le coup…on compatît !

2h30 pour redescendre, on arrive sur les genoux à la voiture mais heureux.

On aimerait bien faire comme elles, mais on ne pourra plus repartir

Petit bémol, on reprenant la piste vers Yungay, on crève un pneu. Mince, il est tout neuf. Plus tard on s’apercevra que c’est juste la chambre à air qui a dû être pincée. Rien de grave.

30, Altitude et Température

Nous sommes remontés sur la Panaméricaine, direction le Nord, pour avancer un peu.

On ne peut pas appeler ça une autoroute vu qu’il y a des tuk-tuks, des charrettes pleines de cannes à sucre, des minibus qui chargent et déchargent leurs passagers tous les 500m, des vendeurs de boissons et de friandises entre les voies  de circulation, des ralentisseurs, et même des engins de chantiers. Mais les camions foncent, klaxonnent et on suit le mouvement.

Nous aurons droit à 3 contrôles de police. Au premier, le policier nous demande les papiers du véhicule et nous dit qu’on n’a pas les bandes réfléchissantes sur les côtés de la voiture. On a bien des bandes blanches mais lui veut qu’elles soient blanches et rouges. Ca fera donc 800 soles d’amende (200€). Nous lui expliquons que c’est un véhicule français, que malgré le fait que ce ne soit pas obligatoire en France, nous avons néanmoins collé des bandes blanches. Oui mais ici, c’est le Pérou et il faut qu’elles soient rouges et blanches. Mais il veut bien nous faire une réduction. Là, on comprend ces (mauvaises) intentions et on lui dit « No ». Il parle d’aller au poste de police, on lui dit « No ». A notre grande surprise, il nous dit plusieurs fois « No quiere ? » et sans trop y croire, on continue à lui dire « No ». Il est penché à la fenêtre de Quentin, nos papiers à la main. Je dis à Quentin de les lui reprendre et le type se laisse faire … On lui dit aurevoir et il lâche l’affaire. Il n’était définitivement pas taillé pour jouer à ce petit jeu mais on a joué fin !

Le contrôle suivant s’est passé normalement et au 3eme, le policier n’a même pas regardé les papiers, fasciné et amusé par la voiture.

Après ça il faut contourner Lima. Le « périphérique » est un asile de fous. Tout d’un coup, la route est fermée, une déviation nous amène tout droit dans un marché bondé. On tourne et retourne et on arrive à remonter sur la route principale.

Au bout de 2h on en est sortis et il n’y a plus qu’à trouver un endroit pour dormir. Pas question de bivouaquer dans cette zone car plusieurs voyageurs se sont fait braquer. On tente un motel un peu avant Barranca, entouré de hauts murs et nous tombons chez un couple américano-péruviens adorable qui me laissent même faire une lessive après avoir pris une bonne douche. Nous discutons de la vie autour d’un café et le lendemain matin nous aurons droit à un bon petit-déjeuner. 

Nous en avons assez de cette chaleur et de tous ces barjots du volant, on reprend de l’altitude par la route 16 qui nous élève à 4100m, Conococha, Huaraz, Yungay et le Parc de Huascaran. 

Il fait froid et il pleut … c’est le premier jour de l’été austral. 

La Réserve de Paracas

Cette réserve est un désert de sable mais aussi un sanctuaire marin, alimenté par le courant de Humboldt. C’est le lieu de rencontre d’un très grand nombre d’oiseaux et de mammifères marins.

Du sable à perte de vue, allant du gris, au rouge, au jaune ocre en passant pas le blanc, des dunes et des points de vue magnifiques sur les côtes.

Une fois l’entrée du parc payée (3€ par personne), nous pouvons y passer une nuit. 

Au coucher du soleil nous nous installons au Mirador de la Cathédrale et dès 18h, nous avons le Parc pour nous seuls.

Ce rocher formait une arche mais le 15 août 2007, un tremblement de terre de magnitude 7,9 changea définitivement son look.

Au petit matin, des urubus à tête rouge nous observent prendre notre petit-déjeuner.

Nasca

Après une petite remontée à 4200m, nous attaquons la descente vers l’océan.

Le paysage devient de plus en plus désertique, le vent de plus en plus chaud, l’altitude de plus en plus basse, la route de plus en plus sinueuse. 

Le cerro blanco

Nous entrons dans le four de Nasca où nous ne restons que le temps de manger/boire un caldo de gallina (sorte de poule au pot). 

Nous revoilà sur la Panaméricaine Sud. Elle traverse la zone où l’on peut voir les fameuses lignes Nasca, ces glyphes énigmatiques tracés par des extra-terrestres (enfin c’est ce qu’on dit 😉). Le seul moyen de bien les observer serait de prendre un des petits avions qui ont déjà quelques crashes à leur actif (ceux qui se sont crashés ne volent plus bien sûr). 

On se contentera donc de monter en haut d’un mirador.

Depuis que nous sommes à 600m d’altitude, le carbu fait des siennes. Quentin a re-changé les gicleurs mais quand on s’arrête on ne sait jamais si le moteur va repartir. Donc on ne s’arrête plus ….jusqu’à l’oasis de Huacachina, entouré de dunes de 110m de haut. 

Super endroit pour bricoler et/ou rester bloqué.

Le problème vient de la vis de richesse du gicleur de ralenti. En effet, l’aluminium au niveau du pointeau de la vis est tout rongé, ce qui rend le réglage impossible. Quentin transforme une des 2 vis de réglage en taraud et progressivement il prolonge le filet aluminium du carbu et  retaille plus court le pointeau. Ce qui maintenant permet un réglage, même s’il reste imprécis. 

Ca durera ce que ça durera. En parallèle, on cherche un carbu…