Pti Ket to Ride « Light »

Voilà, nous repartons vers le Grand Nord. 

Nous allons tester une version allégée de Pti Ket. La remorque, complètement nettoyée, reste à Vancouver et on charge le toit avec une malle qui contient huile et graisse, un bidon de 10l d’essence en réserve, les plaques et pelle à neige, une roue de rechange.

Nous revenons à Vancouver dans 1,5 mois et si tout s’est bien passé nous abandonnerons définitivement la remorque.

Nous sommes aussi équipés pour faire face aux ours (spray au poivre et klaxon façon hooligan) et aux moustiques.

We will be back, Vancouver !

Vancouver


Ça fait déjà une semaine que nous sommes à Vancouver et nous n’avons pas vu le temps passer. Nous logeons dans la jolie petite maison de mon frère Frank et Sylvia. Leurs amis Mary & Lang nous prêtent leur appartement qui est juste au-dessus. Quel luxe !
A peine arrivés, Frank nous passe un de ses vélos et nous emmène faire le tour de Vancouver … 51 km … quasiment entièrement sur piste cyclable. Mais ça doit faire 4 ans qu’on n’est plus remontés sur un vélo et j’ai les ischions qui me transpercent les fesses et les cuisses qui surchauffent.


Le lendemain Quentin attaque la vidange et la remise en état de Ptiket dans le studio d’entraînement de Frank. Le ventilateur de refroidissement a perdu 2 pales et les tubes de la culasse droite sont morts. Heureusement ici aussi nous avons un fournisseur de pièces, Lionel Hondier de “2cv pour toujours”. Il nous procure une culasse d’occasion et un ventilateur neuf.

Remplacement du moteur des essuie-glaces qui a grillé bien qu’on l’ait très peu utilisé.


Pendant que Quentin désosse la deuche, je me charge de l’intérieur, des lessives dont les housses des coussins qui en ont bien besoin.


Vancouver est une chouette ville, agréable à parcourir, qui valorise le sport, on y mange bon et sain et le climat est idéal en ce moment. On va rester encore quelques jours.

San Cristobal de las Casas

La ville se situe à 2200 m d’altitude. On l’a adorée ! Soleil toute la journée, fraîcheur le soir et la nuit. On se réveille avec 14 degrés. Quel bonheur !

Le camping est un peu en dehors de la ville mais on peut la rejoindre à pied sans problème.

Charmante, colorée, qui a su se moderniser sans perdre de son cachet. 

Nous en apprenons un peu plus sur le mouvement zapatiste qui a démarré ici en 1994. 

On teste nos premiers burritos et tacos mexicains. 

Seule déception, impossible pour l’instant de trouver de la Corona, il n’y a que de la Sol, Modelo ou Tecate. Mais on n’est pas encore partis !

Les habitants tressent les « rameaux » de maïs pour le dimanche saint.

Sans commentaire

Comme on est bien installés au camping, Ptiket a droit à sa vidange des 4000

Playa Palmarcito

Avant de quitter la Playa Cuco, nous prenons le temps de coller du film teinté sur les vitres latérales avant de l’auto en espérant que le soleil nous cramera moins les avant-bras. 

Puis nous continuons la petite route de côte mais sans aucune vue sur la mer car tout est privé et caché par de hauts murs. On remonte donc vers une route plus roulante.

En milieu d’après-midi nous arrivons à la Playa Palmarcito, moins courue que El Tunco.

Le plaisir de notre voyage c’est de pouvoir décider de rester et de ne rien faire. Nous sommes dans un petit hostal à 100m de la plage de sable noir. Les hamacs, la piscine, l’ambiance calme et sympathique des autres guests, tout nous incite au farniente.

Mais avant il faut d’abord inverser sur la jante le pneu de la roue arrière droite qui ne s’use que d’un côté à cause du fort vent latéral, comme en Patagonie (sauf qu’ici le vent est brûlant). Pendant ce temps, j’alimente le blog, pour satisfaire nos nombreux fans..;-)

Pour construire les palapas, ils récupèrent les feuilles de palmiers qui encombrent les jardins alentours.

Les Bomberos de Medellin

Toujours grâce à notre chère Kika, nous sommes accueillis et hébergés chez les pompiers volontaires de Envigado, dans la banlieue de Medellin. Ce point de chute improbable va nous permettre de récupérer chez Fedex le carbu tout neuf que Burton nous a expédié de Hollande et de faire un entretien complet de la voiture. Seul le filtre à huile ne pourra être changé car nous n’avons pas réussi à en trouver et ce malgré les recherches du pompier MacGyver (c’est son vrai nom !).

Deux jours donc à vivre au rythme de la caserne, à observer l’entraînement des nouvelles recrues et des pompiers confirmés. On a beaucoup appris sur le matériel utilisé et même si la discipline est évidente, l’esprit reste bon enfant et l’ambiance très sympa. 

Ici les pompiers sont considérés comme des héros discrets, pas comme chez nous où des décérébrés s’amusent à les caillasser.

Traduction personnelle, perfectible….

Un pompier est quelqu’un qui éteint les incendies et aide les victimes d’accidents…mais c’est aussi quelqu’un qui est toujours disponible, qui court à la caserne un matin froid d’hiver suite à un appel qui annonce un désastre ou qui parcourt de longues distances à pieds dans la campagne en feu, suffocant sous le soleil estival.

C’est un père qui abandonne sa famille pour secourir une famille inconnue.

C’est un fils, dont la mère, à chaque fois qu’elle le voit quitter la maison en urgence, se dit intérieurement qu’elle le voit peut-être pour la dernière fois

C’est un homme qui répond aux sourires des endants parce qu’il a tenu dans ses bras un petit corps qui ne sourira plus jamais

C’est quelqu’un qui, tout en sachant que c’est impossible, espère toujours arriver avant la catastrophe 

C’est un héros anonyme qui se fiche de risquer sa vie pour lutter contre les éléments 

C’est quelqu’un qui se glorifie de donner sa vie pour une autre.

C’est quelqu’un qui, comme récompense, ne demande qu’un sourire ou un « MERCI », rien d’autre. C’est un homme qui connait la valeur d’une vie.

C’est un homme qui, résigné, pleure en silence, de ne pas pouvoir faire plus devant une tragédie humaine, sans comprendre les mystérieux desseins de Dieu

Un pompier n’arbore pas de médaille, n’agite pas de drapeau, n’exige ni admiration ni flatterie mais sait comment honorer un compagnon disparu

Le pompier ne parle pas de compagnonnage ou de travail en équipe, il le VIT !

C’est quelqu’un qui est un peu ange gardien, ami, frère, quelqu’un qui porte un uniforme sacré, celui de pompier volontaire.

Un peu de tout

Toujours limités dans nos déplacements, nous faisons des petits sauts de puce. Je vous livre ici en vrac nos découvertes de ces derniers jours.

La laguna Cuicocha et ses deux ilets

Un déjeuner à Cotacachi.. avant… après 

Le volcan Imbabura

La chouette équipe de soudeurs de Ascazubi qui nous ont ressoudé le pot d’échappement, gratuitement !

C’est pas comme ce mécano péruvien qui nous a détruit une chambre à air et abîmé un pneu tout neuf (voir le FB de Quentin pour les détails et les noms d’oiseaux).

On a trouvé des ampoules led pour phares avant et arrière à Cumbaya. Nous en avions installé différents modèles mais il y en a un qui ne tient pas la distance.

On commence à prendre des contacts pour le shipping de la voiture entre Carthagène (Colombie) et Colon (Panama) pour traverser le Darien Gap. Nous aurons sans doute un container de 40’ à partager avec un autre véhicule et une moto pour réduire les frais. Sans doute pour fin février.

Ça carbure plus …

En rejoignant les environs de Quito, on s’arrête dans une boutique pour acheter de l’huile moteur pour une nouvelle vidange. La charmante Maria nous fournit un bidon de 4l mais au moment de repartir, la batterie ne veut plus rien savoir. Maria, avec l’aide de son employé vénézuélien, sort son chargeur et branche PtiKet. Pendant que ça charge, on discute des délires des hommes d’état du continent et on se dit que le nôtre n’est pas si mauvais. 30’ plus tard, on peut repartir, muchas gracias, hasta luego ! 

Nous arrivons chez Arie où on va sans doute passer plusieurs jours. Nous sommes vendredi, Ivan, qui aurait un carbu à nous fournir, revient de vacances dimanche. 

En attendant, Quentin procède à l’entretien complet de PtiKet, jusqu’aux excentriques de freins arrière.

Dimanche soir tard, Ivan est bien rentré. Quentin a passé la journée à nettoyer notre carbu, à ébarber l’aluminium des venturis, à vérifier tous les passages d’air et à adapter au mieux cette vis de ralenti de cox qu’on avait trouvée au Pérou. 

Lundi matin, Ivan nous confirme qu’il vient au camping avec le carbu. En attendant, on compte nos piqûres de moustiques sur les jambes. Quentin a gagné, il en a 25.

Fin d’après-midi on a le fameux carbu en main. La première impression n’est pas terrible mais on tente quand même de l’installer. Pas mieux que le nôtre. Ivan va en chercher un deuxième chez un copain, même résultat. Entretemps la nuit est tombée, on a sorti les frontales, il commence à pleuvoir, on remballe tout et on va manger un poulet/frites/riz ensemble. 

Mardi matin, Arie notre hôte, nous apprend qu’un pilote de ligne part des Pays-Bas dans quelques jours pour venir faire un trek ici. On lui demande si il serait d’accord de nous amener un carbu. Il répond ok sans hésiter. Notre ange gardien à Lyon qui avait déjà récupéré un bon carbu le lui envoie en express et si tout se passe bien nous le récupérons le 28 janvier. A suivre …

Pour ceux qui aiment les détails techniques, allez voir le FB de Quentin « Pti-Ket Toride »…

La Laguna 69

Comme c’est fête, vous avez droit à une double dose de photos.

Nous entrons dans le Parc National de Huascaran, dans la Cordillère Blanche, par une très mauvaise piste. Pauvre Ptiket, on ne lui aura rien épargné. 

Nous arrivons aux 2 premiers lacs, verts émeraude, à 3850m. 

Marrant ces arbres qui prennent des coups de soleil, deviennent rouges et pèlent comme des touristes d’Europe du Nord en vacances à Ibiza.

Un peu plus loin, cette grande plaine sera notre chambre pour cette nuit. Il pleut quand nous nous endormons. 

Le lendemain, réveil à 5h et quelle chance, le soleil pointe à l’horizon.

A 7h, nous attaquons la randonnée vers la Laguna 69 (ils n’ont pas pu donner un nom aux 400 lacs du parc). Le soleil commence à raser les montagnes. Il ne fait que 5 degrés. 

Il y a 9km à parcourir jusqu’au lac. Pas la mer à boire, mais plutôt la montagne à avaler.

Les 3 premiers km sont tranquilles. Nous sommes dans la vallée. Au 5ème km ça commence à grimper dur. Le ciel est dégagé et on voit bien les montagne enneigées qui culminent à plus de 6000m. 

D’après la carte, on peut situer à peu près où doit se trouver le lac et on avance confiants, on a la forme.

Arrivés là où on pensait trouver le lac, il s’avère qu’on n’a pas encore atteint notre but. Nous sommes dans autre plaine, à 4400m. Déçus, mais c’est plat, donc on reprend de l’assurance.

On arrive à un petit panneau qui nous signale qu’il n’y a plus qu’1km. Chouette ! Mais t’as vu où est le chemin ? 

Cette dernière montée nous forcera à dépasser nos limites. Nous faisons 100 pas et reprenons notre souffle. Nous faisons 50 pas, nous faisons 20 pas… 

4604m, la voilà cette fichue Laguna 69. Ça valait la peine, non ? 

Il est 10h30, pause pique-nique. Nous sommes les premiers arrivés de la journée.

Quand on est prêts à repartir, d’autres randonneurs commencent à arriver. Un car a dû lâcher ses touristes car on croise beaucoup de monde à la descente qui nous demandent si c’est encore loin et si ça vaut le coup…on compatit !

2h30 pour redescendre, on arrive sur les genoux à la voiture mais heureux.

On aimerait bien faire comme elles, mais on ne pourra plus repartir

Petit bémol, on reprenant la piste vers Yungay, on crève un pneu. Mince, il est tout neuf. Plus tard on s’apercevra que c’est juste la chambre à air qui a dû être pincée. Rien de grave.

Nasca

Après une petite remontée à 4200m, nous attaquons la descente vers l’océan.

Le paysage devient de plus en plus désertique, le vent de plus en plus chaud, l’altitude de plus en plus basse, la route de plus en plus sinueuse. 

Le cerro blanco

Nous entrons dans le four de Nasca où nous ne restons que le temps de manger/boire un caldo de gallina (sorte de poule au pot). 

Nous revoilà sur la Panaméricaine Sud. Elle traverse la zone où l’on peut voir les fameuses lignes Nasca, ces glyphes énigmatiques tracés par des extra-terrestres (enfin c’est ce qu’on dit 😉). Le seul moyen de bien les observer serait de prendre un des petits avions qui ont déjà quelques crashes à leur actif (ceux qui se sont crashés ne volent plus bien sûr). 

On se contentera donc de monter en haut d’un mirador.

Depuis que nous sommes à 600m d’altitude, le carbu fait des siennes. Quentin a re-changé les gicleurs mais quand on s’arrête on ne sait jamais si le moteur va repartir. Donc on ne s’arrête plus ….jusqu’à l’oasis de Huacachina, entouré de dunes de 110m de haut. 

Super endroit pour bricoler et/ou rester bloqué.

Le problème vient de la vis de richesse du gicleur de ralenti. En effet, l’aluminium au niveau du pointeau de la vis est tout rongé, ce qui rend le réglage impossible. Quentin transforme une des 2 vis de réglage en taraud et progressivement il prolonge le filet aluminium du carbu et  retaille plus court le pointeau. Ce qui maintenant permet un réglage, même s’il reste imprécis. 

Ça durera ce que ça durera. En parallèle, on cherche un carbu…

Nécrologie

Nous sommes au regret de vous annoncer le décès de notre quatrième pompe à essence, la deuxième électrique, après 3600km. Le sinistre a eu lieu quelque part sur la Ruta 5 entre Uyuni et Potosi. Il y a vraiment quelque chose de pourri dans le monde des pièces détachées sud-américaines. Une pompe est morte, une autre pompe est installée. 

    

A part ça la route est magnifique. On passe de 3500m à 4000m et inversement une bonne dizaine de fois. Du désert, des vallées fertiles couvertes de cultures de quinoa, du sable blanc, des lamas et alpagas en pagaille.