Chili – Ollagüe – Bolivie

Une très bonne route asphaltée traverse le désert, deux grands salars et nous amène sans encombre à Ollagüe. Nous pensions trouver de l’essence dans cette minuscule ville de quelques maisons autour d’une gare ferroviaire. Que dale. Notre dernier plein remonte à Calama et nous avons 18l dans la remorque. Il faut qu’on tienne jusqu’à Uyuni, c’est faisable.

  

Avant de passer la frontière on déjeune chez une charmante dame qui nous sert un bouillon de viande et un spaghetti bolognaise (!!).

A la douane chilienne, les formalités sont rapides. 2km plus loin, la douane bolivienne nous tamponne les passeports et nous remet le titre d’importation temporaire sans soucis. Je négocie même avec un douanier le change de mes pesos chiliens contre des bolivianos.

C’est sur une piste plutôt bonne mais très poussiéreuse que nous nous dirigeons vers Uyuni.

  

En fin d’après-midi, on trouve un bivouac au milieu de formations rocheuses perdues dans le désert, la Valle de las Rocas. On est à 4160m. A Salta, Quentin avait changé la pompe du chauffage pour l’adapter aux hautes altitudes. Ce soir nous testons et confirmons que ça marche, même si ça chauffe un peu moins vu que le débit est moindre ! Au petit matin, il fait -1 degré…

  

San Pedro de Atacama

Petite ville bohème, très touristique, à 2500m d’altitude, une oasis dans cette immensité désertique. Quelques ruelles en adobe autour d’une place principale ombragée et d’un jolie église.

            

Le camping a un peu d’ombre et on décide de remplacer les pneus (très)usés des roues de secours par des pneus neufs. On s’allège donc ainsi de 2 pneus du toit. Il nous en reste 6 neufs dont 2 sur jante.

La Valle de La Luna

Nous abandonnons notre « carrito » au camping et partons visiter la Vallée de la Lune, à 15km de San pedro de Atacama. Ptiket se sent plus léger et comme on lui a encore changé les gicleurs, il fonce comme un jeunot.

Le site est sublime. Nous commençons par la « cueva de sal », une gorge étroite que l’on parcourt à pieds, en crapahutant parfois à la seule lueur du téléphone.

      

La suite se passe de commentaires …

       La dune géante

       Rien ne m’arrête

    

Argentine – Paso Sico – Chili

Notre première nuit à 3700m d’altitude n’a été très reposante. On se réveille avec un bon mal de tête et les sinus congestionnés. Nous devons apprendre à gérer ces problèmes, nous qui plafonnons à 450m en temps normal.

Le froid : on connait. On ressort les polaires, duvets etc…Finalement nous préférons nettement le froid (raisonnable) à la grosse chaleur.

Le mal de tête : aspirine et coca 9ch (merci Monique M.) font l’affaire mais la gêne reste toujours latente

Le manque d’oxygène : pour nous, pas grand chose à faire. Par contre, il faut régulièrement adapter les gicleurs de Ptiket qui râle parfois de ne pas avoir suffisamment de puissance.

Le soleil brûlant : chapeau, lunettes et crème solaires à fort indice sont indispensables

Le sommeil perturbé : on dormira mieux 1000m plus bas

Et puis il faut boire beaucoup d’eau.

On reprend donc la route 51 qui n’est plus qu’une piste de grosse tôle ondulée sur plus de 100km. Heureusement la montée est progressive.

Nous faisons un petit crochet vers le viaduc de Polvorilla dont s’est inspiré Hergé dans le Temple du Soleil. 

Le paysage devient de plus en plus désertique. Nous passons plusieurs cols et le plus haut sera à 4560m. Quelques km avant le Paso Sico, nous arrivons en fin d’après-midi au poste de douane. Nous sommes à 4020m, on a avalé pas mal de poussière et on demande aux douaniers de pouvoir passer la nuit dans le coin. Ils nous disent qu’il n’y a pas de problème et nous indiquent un baraquement dans lequel plusieurs lits sont à disposition des rares voyageurs qui passent par ici, douches chaudes et cuisine. Nous partageons cet espace inattendu avec un cycliste qui vient d’Alaska à qui nous fournirons de l’eau car ici elle n’est pas potable.

Le lendemain, les passeports tamponnés et la voiture fouillée à la recherche de fruits et légumes, nous faisons les 10 derniers km de piste jusqu’à l’entrée officielle au Chili et le retour sur une route asphaltée. 

Ensuite c’est la longue descente vers l’Atacama. Des volcans, des lagunes et des touristes qui se prennent en photo devant la deuche. Nous rencontrons nos premiers lamas et vigognes que nous avons d’abord prises pour des guanacos mais elles sont plus fines, le poil plus court et la tête claire.

        

A 3740m, nous trouvons un bivouac magnifique, face au volcan et cachés de la route par un rocher de pierres basaltiques. 

Avant d’arriver à San Pedro de Atacama, nous faisons une halte à Socaire pour son église coloniale au plafond en bois de cactus et ses cultures en terrasses datant des incas.

  

Ensuite nous traversons le salar de Chaxa sur lequel vivent des flamants de James, des Andes et du Chili, très différents des camarguais.

        

On s’installe pour quelques jours dans un camping pour rayonner plus facilement (sans la remorque) dans la région.

Valparaiso

Nous avons laissé PtiKet dans un camping et c’est en bus collectif que nous rejoignons Valparaiso au bout d’une heure de route chaotique, bien entassés et debout.

Nous descendons à la Plaza Sotomayor dont le grand monument rend hommage aux martyrs de la marine chilienne. 

Valparaiso est constituée de 2 parties bien différentes. 

El Plan, la zone plate, près de la mer. La plus trépidante. On y trouve de vieux bâtiments, dont certains ont malheureusement brûlé il y a peu de temps, de nombreux étals surchargés de fruits et légumes. Les fraises se vendent à la pelle, pour 1,30€ le kg, on se goinfre d’avocats mûrs à point. Les rues sont bondées de voitures et de bus et il y a même un vieux trolley. C’est sale, ça sent mauvais, ça klaxonne, tout le charme d’une ville sud-américaine.

    

Les 42 cerros (collines). On y accède soit au moyen d’un des 15 vieux funiculaires (ascensores), d’escaliers vertigineux ou de rues monstrueusement pentues.

      

Les murs des maisons, les trottoirs, les lampadaires, tout ce qui peut servir de support est couvert de peintures murales poétiques, glamour ou politiques. L’ascensor Espiritu Santo nous mène au coeur du Musée à Ciel Ouvert créé en 1969. Ensuite il n’y a plus qu’à suivre ce labyrinthe de ruelles tortueuses pour découvrir les vieilles maisons branlantes ou superbement rénovées. Mais en restant vigilant, car en haut d’un cerro, un chauffeur de bus me fera signe de ne pas aller plus loin. On a suivi sa consigne…

              u        

En fin de journée, on arrive à retrouver le bus qui va nous ramener au camping et cette fois nous ferons le trajet assis…

Puerto Montt – Rencontres deuchistes

Notre dernier espoir de voir des manchots est tombé à l’eau. Au nord ouest de Chiloé il y a une pinguineria mais les pluies abondantes de ces dernières 24h nous ont coupé la route.

A Ancud, rien à faire, si ce n’est un tour du marché. 

Nous sommes tombés sur des étudiants français qui font un trimestre à Valparaiso (😎) et qui avaient fait le 4L Trophy en février dernier. L’occasion de parler mécanique et petites galères. On s’est donné rendez-vous à Valparaiso pour qu’il nous fassent une visite de la ville.

Nous quittons Chiloé par le ferry et arrivons à Puerto Montt. La pluie tombe sans discontinuer. Nous faisons un arrêt au marché où nous (Quentin) dégustons les huitres du coin, un peu décevantes..nous (moi) leur préférons le Pisco Sour…

    

Puerto Montt est une grande ville, compliquée, car le stationnement est quasi impossible. Mais le tam-tam deuchiste fonctionne bien et nous sommes pris en charge par Eduardo qui nous héberge 2 nuits dans sa maison et par Guillermo qui est le président du club CitroAustral. Ils sont en pleine préparation de la 13eme rencontre nationale des citronetas (deuches) et derivados qui sera aussi l’occasion de fêter les 70 ans de la 2cv. Nous sommes invités à assister à l’interview qu’il donne à la radio locale pour annoncer l’événement et quand l’animateur commence la présentation, je comprends qu’il a l’intention de nous poser des questions. Je lui fait des grands signes pour lui indiquer que mon espagnol est horrible mais rien n’y fait. Heureusement les questions sont toujours les mêmes et je suis rodée pour les réponses. Ouf. 

  

Guillermo a 2 magnifiques 2cv, plus proches de la version française que les argentines. Grâce à leur réseau, nous achetons une pompe à essence électrique que nous gardons en réserve, en prévision d’une écentuelle prochaine panne.

Belles occasions de discuter de leur façon de vivre et de la nôtre. Finalement nous ne sommes pas si différents sur bien des sujets.

  

Ensuite, nous ne faisons que quelques km pour aller visiter Puerto Varas et Frutillar au bord du lac Llanquihue, dominé par plusieurs volcans dont le volcan Osorno. Ici beaucoup d’allemands ont migré au début du 19eme siècle et il en reste encore quelques traces…

    

Le soleil revient et nous pouvons profiter de ce paysage grandiose et très serein avec un super bivouac sur une petite plage, sous les eucalyptus.

Le lendemain, le soleil résiste et le volcan est bien dégagé. 

Sur les conseils de nos amis chiliens, nous faisons un petit détour vers Los Saltos de Petrohué, cascades qui dévalent dans un canyon de roches volcaniques.

  

3 petits sentiers permettent de circuler dans une forêt dense et humide où nous rencontrons les premiers « arrayanes », des arbres très tortueux à l’écorce couleur cannelle.

  

Nous longeons encore le lac jusqu’à Entre Lagos où nous attendent la montée vers le col Samoré, la pétillante Alex et sa deuche « René » en Argentine.

Chiloé – El Muelle de Las Almas

Nous avons donc repris le bac pour la Grande Ile et bivouaqué vers Cucao, au bord d’une petite rivière qui se jette dans l’Océan Pacifique.

Là commence aussi notre cauchemar. La piste est comme d’hab’ sur-gravillonnée et les pentes atrocement raides. On en monte 2 de justesse et on en descend 2 autres vertigineuses. Arrivés au site, on profite de cette petite randonnée magnifique vers la pointe Pirulil, sans trop penser au retour. Mais le Tempilkawe devra attendre pour emporter nos âmes vers le ciel. On a encore trop à faire ….

          

2h plus tard, on prend les mesures qui s’imposent ; on vide les 20l d’essence de la remorque dans le réservoir, on met le bidon d’eau de 10l à mes pieds, on retire 500gr à chaque pneu avant pour qu’ils rebondissent moins, dans la camionnette, on recentre les charges vers l’avant, on vérifie le niveau d’huile, on fait chauffer le moteur et on se lance. Nous avons atteint le haut des 2 montées en question en louvoyant, comme des cyclistes à bout de force, en croisant les doigts pour que personne n’arrive en face. On est sauvés mais tous les crampons des pneus avant sont déchiquetés. Nous les changerons à l’occasion de la prochaine vidange, sans doute à Mendoza.

 

  

Chiloé – Isla Quinchao

A Dalcahue, nous déjeunons dans un bâtiment en bois sur le port où plusieurs petits stands proposent des produits de la mer. La mamy du stand nr 6, nous sert un délicieux saumon et une cassolette de fruits de mer, que nous dégustons tout en regardant la marée monter.  Ici le marnage peut attendre facilement 7m.

      

Ensuite nous prenons le ferry pour rejoindre l’île de Quinchao. Tout en longueur, des pâturages, des petits hameaux, des églises classées et un super bivouac au bord de la mer, avec vue sur les sommets enneigés de Patagonie.

          

 

Mais le lendemain, à peine partis, nous devons nous plonger dans le moteur de Ptiket car une fois de plus, l’essence n’arrive pas au carbu.

Nous avons pu nous arrêter en haut d’une de leurs diaboliques côtes, juste à côté d’une petite chapelle qui ne nous a pas été d’un grand secours. C’est plutôt avec la pompe à pied que nous avons débouché la durite du réservoir. Mais ça n’a pas suffit. Nous avons ensuite dû déposer le réservoir pour sortir le plongeur et le filtre et biseauter le bout du tube pour éviter que la crépine ne fasse clapet. Trois fois nous avons rangé les outils et nous nous sommes lavé les mains, trois fois nous avons dû nous y recoller. La 4ème fut la bonne, pourvu que ça dure. 

 

Nous poursuivons jusqu’à Anchao et son marché aux poissons.

  

Comme le beau temps se maintient, nous décidons d’aller voir El Muelle de Las Almas, un peu plus au sud.

Chiloé : de Quellon à Castro

5h de ferry pour arriver au sud de la Grande Ile de Chiloé. Nous sommes toujours au Chili, sans tout à fait y être. Nous avons traversé un vortex vers une autre dimension. Collines verdoyantes, forêts denses, lacs d’un bleu profond. De la couleur. 

  

A Quellon, notre port d’arrivée, nous sommes au km 0 de la Panaméricaine, la Ruta 5. 

Les distances sont courtes, nous prenons le temps d’admirer l’architecture chilote, en bois de cyprès. 16 églises réparties sur cet archipel sont classées au Patrimoine de l’Unesco. 

  

 

CHONCHI

      

A Castro, nous découvrons les « palafitos », ces maisons de bois sur pilotis et très colorées.

        

Nous sommes rapidement contactés par le Citroclub Austral qui nous met en relation avec Marcelo, heureux propriétaire d’une 2cv rouge version française et qui nous accueillera comme des rois.

Nous voilà rechargés et impatients de découvrir la suite.

De Rio Mayo à Chaitén

Après avoir changé le pneu de la remorque, nous faisons une longue étape de transition qui passe par Gobernador Costa aux maisons fanées, Esquel, gare d’arrivée de la «  Trochita » (vieux train à vapeur encore en activité) et Trevelin où nous retrouvons la trace des migrants gallois et leur pelouse verte au milieux des rues poussiéreuses. Ce jour-là nous avons eu notre plus belle journée avec plein soleil et 20 degrés.

        

Un peu avant Futaleufu, sur la 259, nous repassons au Chili. Les douaniers commencent à faire la tronche en voyant tous nos tampons d’entrées/sorties mais ne disent rien.

Nous longeons la rivière Futaleufu, très technique pour les rafteurs et nous dormons sur une de ses berges. Il gèle encore la nuit.

    

Quand nous remontons sur la Carretera Austral, nous passons par le petit village de Villa Santa Lucia qui a été dévasté par une énorme coulée de boue début 2018. Les maisons à moitiés ensevelies, les camions tordus, les arbres déracinés, tout est encore là comme si c’était hier. Une partie du village n’a pas été touchée et ils ont mis tous leurs efforts dans la reconstruction de la route pour assurer l’unique passage. En remontant vers le Nord, nous longeons ce paysage apocalyptique, la montagne, normalement très boisée, n’est plus que cailloux et terre. Ca laisse un froid….

  

Ensuite c’est de la bonne route jusqu’à Chaitén où nous prendrons le ferry pour Quellon sur l’île de Chiloé. Il n’y en a que 2 par semaine et nous devons attendre 2jours pour le suivant. Nous voulions profiter de ce délai pour grimper sur le volcan qui a détruit la ville en 2008 mais il pleut et nous devons nous contenter d’un repos forcé sur la plage de sable noir de Santa Barbara.