La Laguna 69

Comme c’est fête, vous avez droit à une double dose de photos.

Nous entrons dans le Parc National de Huascaran, dans le Cordillère Blanche, par une très mauvaise piste. Pauvre Ptiket, on ne lui aura rien épargné. 

Nous arrivons aux 2 premiers lacs, verts émeraude, à 3850m. 

Marrant ces arbres qui prennent des coups de soleil, deviennent rouges et pèlent comme des touristes d’Europe du Nord en vacances à Ibiza.

Un peu plus loin, cette grande plaine sera notre chambre pour cette nuit. Il pleut quand nous nous endormons. 

Le lendemain, réveil à 5h et quelle chance, le soleil pointe à l’horizon.

A 7h, nous attaquons la randonnée vers la Laguna 69 (ils n’ont pas pu donner un nom aux 400 lacs du Parc). Le soleil commence à raser les montagnes. Il ne fait que 5 degrés. 

Il y a 9km à parcourir jusqu’au lac. Pas la mer à boire, mais plutôt la montagne à avaler.

Les 3 premiers km sont tranquilles. Nous sommes dans la vallée. Au 5ème km ça commence à grimper dur. Le ciel est dégagé et on voit bien les montagne enneigées qui culminent à plus de 6000m. 

D’après la carte, on peut situer à peu près où doit se trouver le lac et on avance confiants, on a la forme.

Arrivés là où on pensait trouver le lac, il s’avère qu’on n’a pas encore atteint notre but. Nous sommes dans autre plaine, à 4400m. Déçus, mais c’est plat, donc on reprend de l’assurance.

On arrive à un petit panneau qui nous signale qu’il n’y a plus qu’1km. Chouette ! Mais t’as vu où est le chemin ? 

Cette dernière montée nous forcera à dépasser nos limites. Nous faisons 100 pas et reprenons notre souffle. Nous faisons 50 pas, nous faisons 20 pas… 

4604m, la voilà cette fichue Laguna 69. Ça valait la peine, non ? 

Il est 10h30, pause pique-nique. Nous sommes les premiers arrivés de la journée.

Quand on est prêts à repartir, d’autres randonneurs commencent à arriver. Un car a dû lâcher ses touristes car on croise beaucoup de monde à la descente qui nous demandent si c’est encore loin et si ça vaut le coup…on compatît !

2h30 pour redescendre, on arrive sur les genoux à la voiture mais heureux.

On aimerait bien faire comme elles, mais on ne pourra plus repartir

Petit bémol, on reprenant la piste vers Yungay, on crève un pneu. Mince, il est tout neuf. Plus tard on s’apercevra que c’est juste la chambre à air qui a dû être pincée. Rien de grave.

30, Altitude et Température

Nous sommes remontés sur la Panaméricaine, direction le Nord, pour avancer un peu.

On ne peut pas appeler ça une autoroute vu qu’il y a des tuk-tuks, des charrettes pleines de cannes à sucre, des minibus qui chargent et déchargent leurs passagers tous les 500m, des vendeurs de boissons et de friandises entre les voies  de circulation, des ralentisseurs, et même des engins de chantiers. Mais les camions foncent, klaxonnent et on suit le mouvement.

Nous aurons droit à 3 contrôles de police. Au premier, le policier nous demande les papiers du véhicule et nous dit qu’on n’a pas les bandes réfléchissantes sur les côtés de la voiture. On a bien des bandes blanches mais lui veut qu’elles soient blanches et rouges. Ca fera donc 800 soles d’amende (200€). Nous lui expliquons que c’est un véhicule français, que malgré le fait que ce ne soit pas obligatoire en France, nous avons néanmoins collé des bandes blanches. Oui mais ici, c’est le Pérou et il faut qu’elles soient rouges et blanches. Mais il veut bien nous faire une réduction. Là, on comprend ces (mauvaises) intentions et on lui dit « No ». Il parle d’aller au poste de police, on lui dit « No ». A notre grande surprise, il nous dit plusieurs fois « No quiere ? » et sans trop y croire, on continue à lui dire « No ». Il est penché à la fenêtre de Quentin, nos papiers à la main. Je dis à Quentin de les lui reprendre et le type se laisse faire … On lui dit aurevoir et il lâche l’affaire. Il n’était définitivement pas taillé pour jouer à ce petit jeu mais on a joué fin !

Le contrôle suivant s’est passé normalement et au 3eme, le policier n’a même pas regardé les papiers, fasciné et amusé par la voiture.

Après ça il faut contourner Lima. Le « périphérique » est un asile de fous. Tout d’un coup, la route est fermée, une déviation nous amène tout droit dans un marché bondé. On tourne et retourne et on arrive à remonter sur la route principale.

Au bout de 2h on en est sortis et il n’y a plus qu’à trouver un endroit pour dormir. Pas question de bivouaquer dans cette zone car plusieurs voyageurs se sont fait braquer. On tente un motel un peu avant Barranca, entouré de hauts murs et nous tombons chez un couple américano-péruviens adorable qui me laissent même faire une lessive après avoir pris une bonne douche. Nous discutons de la vie autour d’un café et le lendemain matin nous aurons droit à un bon petit-déjeuner. 

Nous en avons assez de cette chaleur et de tous ces barjots du volant, on reprend de l’altitude par la route 16 qui nous élève à 4100m, Conococha, Huaraz, Yungay et le Parc de Huascaran. 

Il fait froid et il pleut … c’est le premier jour de l’été austral.