Potosi

La première station service où nous nous arrêtons ne veut pas nous servir en essence car « c’est la fin du mois ». Comme d’autres clients remplissent allègrement leur véhicule, on se dit que le pompiste n’aime pas les étrangers et on s’en va.

A la station suivante, en pleine ville, la pompiste ne peut pas nous servir car son système informatique n’a pas prévu d’autres étrangers que des sud-américains. En effet, à chaque passage, le pompiste entre le nr de la plaque du véhicule. Si le véhicule est étranger, il doit rentrer le nr de passeport mais le logiciel ne connait ni la France ni la Belgique. Donc, on ne sert pas.

Pendant ce temps, la file d’attente s’allonge et ça commence à klaxonner. Nous on ne bouge pas, peut-être qu’en mettant le bazar, ils finiront par craquer. Que nenni. Ils commencent même à devenir nerveux car ils sont sous caméras de surveillance. 

Un jeune gars vient me proposer une solution : à défaut de remplir le réservoir, on peut s’arranger pour remplir nos bidons. Je pars avec 2 de ses copains faire des photocopies de leur carte d’identité qu’ils doivent remettre au pompiste pour remplir un bidon. Ensuite on va se garer à l’abri des caméras, je leur donne l’argent et ils vont remplir les 2 bidons de 10l. Et voilà. On les remercie comme il faut et on repart car la police arrive.

On se retrouve sur la route qui contourne la ville et on tombe sur une autre station service. On tente le coup de faire remplir le réservoir qui est toujours vide. Le type ne nous demande rien, il entre une plaque d’immatriculation bolivienne dans son ordinateur et nous fait un prix à mi-chemin entre le prix pour les locaux et celui des « gringos » (Le prix pour les locaux est subventionné par l’état, soit 3 fois moins cher que le prix pour les étrangers). Merci, aurevoir. Maintenant on est tranquilles pour au moins 600km. Après ce sera au petit bonheur la chance, mais en tout cas on a compris le principe !

Trop d’émotions à 4090m d’altitude nous épuise et on va se réfugier dans un petit hôtel près du centre, avec parking pour Ptiket. On va pouvoir un peu se reposer et visiter tranquillement la ville.

Potosi est donc la ville de plus de 100.000 habitants la plus haute du monde. Elle garde encore de nombreux beaux bâtiments coloniaux. Nous ne pourrons malheureusement pas visiter la Casa de la Moneda qui est en inventaire pour 3 jours. Nous parcourons (lentement) les ruelles étroites et pentues car la ville est bâtie sur le Cerro Rico, qui à une époque a bien enrichi la royauté espagnole grâce à ses filons d’argent. Il reste encore pas mal d’étain, de fer et de zinc.

Il y a toujours beaucoup de monde dans les rues où circulent des petits bus chinois très polluants.

Nous nous approvisionnons au marché central en fruits et légumes mais pas en viande (voir article sur Uyuni).

  

Pas de réel supermarché mais on trouve de tout dans les nombreuses mini boutiques qui jalonnent les artères principales.

Le contact n’est pas facile et on a le sentiment que la population est fatiguée, si pas épuisée, surtout les petites « cholas » qui vendent leur maigre récolte sur le trottoir.

  

L’après-midi finira sous un bel orage.

                      

Pour l’anecdote, la devise de la Bolivie est « La Union es La Fuerza ». En tant que belges, c’est plutôt de bonne augure !

Une réflexion sur “ Potosi ”

  • 28 novembre 2018 à 15:26
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    Pénurie d’approvisionnement, ségrégation, corruption, qu’elle est la raison de ce refus de service ?
    Bon choix : un hôtel central, dans ces petites villes coloniales, c’est le meilleur moyen pour visiter la ville sans perdre de temps et surtout sans devoir se taper des Kms d’approche.
    Dans votre cas, fallait surtout aussi sécuriser la voiture.Cela fait, flâner dans les ruelles est un vrai plaisir ATTENTION aux PPockets !!!!!!
    Photos à l’appui, je confirme que Potosi semble bien chouette : et l’altitude ? vous y êtes tout à fait habitués ?
    Peut-être apposer la devise belge à côté de la plaque, ça pourrait aider ??

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